Affichage : 11 - 20 sur 22 RÉSULTATS
Voyage

Dans les brumes du Wudang, l’esprit du Taoïsme


7 et 8ème jour : au cœur du taoïsme, le mont Wudang


Train vers Shiyan

Ce matin, je me lève tôt et je quitte Xi’an avec beaucoup de souvenirs en tête. Je dois me rendre à la gare de Xi’an, située dans le centre-ville. Je l’avais repérée la veille, et elle ne se trouve finalement pas très loin de mon hôtel. Je décide d’y aller à pied : un peu de marche ne me fera pas de mal, surtout que le trajet en train va durer plus de six heures.

Cette fois, je ne prends pas de train rapide. Je n’en ai pas trouvé pour ma prochaine destination : Shiyan. Je ne sais pas encore exactement à quoi correspond un train “K”. Depuis Shiyan, je prendrai ensuite un bus local jusqu’à l’entrée du mont Wudang.

Comme dans toutes les gares, ma valise et mon sac à dos passent au scaner. tout est ok. Je suis un peu en avance, alors je décide de m’acheter des gâteaux et une boisson chaude en attendant. Je n’ai rien mangé à l’hôtel.

Le train est à l’heure, nous pouvons embarquer. Certains ont des sacs énormes portés sur leur dos comme dans un autre temps. Ils sont venus à la ville pour se réapprovisionner sans doute. Je ne sais pas encore mais je vais traverser une Chine plus rurale et même dans le train je vais le ressentir. Rien à voir avec les trains « g » rapides, l’embiance est différente, certains se disputent. Cela ne dure pas un contrôleur intervient et ils se calment. On y fument, pourtant je suis assise en face de l’écritaux « non fumeur ». On crache aussi, là aussi il y a un écritaux. On me regarde, je suis la seule étrangère. J’avoue je ne suis pas à l’aise. 

horaires
trains_vers_Shiyan5
train_vers_Shiyan4
20251107_111043_1
train_vers_Shiyan2
train_vers_Shiyan3


Bus 202 gare de Shiyan vers Wudangshan

Arrivée à la gare de Shiyan après six longues heures de train, je pars aussitôt à la recherche de l’arrêt de bus pour rejoindre Wudangshan. J’ai trouvée cette information sur internet. À peine sortie, un chauffeur de Didi m’aborde. Je décline et lui demande plutôt mon chemin. Il marmonne quelque chose, visiblement contrarié, sans vraiment m’aider.

Je tourne un moment autour de la gare, un peu perdue. Je ne trouve pas d’indication. Au bout de quelques minutes, je décide de sortir mon téléphone et d’ouvrir Amap. L’application m’indique le bus 202, ainsi que l’itinéraire précis pour y accéder.

Je suis les indications et finis par trouver l’arrêt… non sans avoir fait tout le tour de la gare.

Le bus est là. Je m’approche, mais le chauffeur m’indique qu’il faut payer 4 yuan en espèces. Il me montre une petite boutique juste à côté. Visiblement, il a l’habitude. La vendeuse accepte de m’aider à faire l’appoint, et je peux enfin monter à bord.

Le trajet dure un peu plus d’une heure. Le bus est simple, local comme on en trouve en France. Je m’installe et suis le parcours en temps réel sur l’application. Chaque arrêt s’affiche, ce qui me rassure et me permet de ne pas me tromper.

bus_wudang


Aux portes de Wudangshan

L’arrêt pour Wudangshan est le terminus. Je descends du bus et dois faire rouler ma valise sur des pavés, en montée de surcroît. L’accueil est rude, mais devant moi se dresse une immense porte monumentale : aucun doute, je suis bien arrivé au pied du mont Wudangshan.

Je ne perds pas de temps. Je pars aussitôt à la recherche de l’entrée afin d’acheter mon billet. Une autre préoccupation m’attend : trouver la consigne à bagages dont j’avais lu l’existence. Inutile de m’encombrer pour l’ascension. Je ne garde avec moi que le strict nécessaire pour deux jours, puisque je dormirai une nuit sur place.. 

entrée_wudang


Wudangshan, la voie taoïste de l'harmonie

Nichée dans la province du Hubei, Wudangshan est l’une des montagnes sacrées du taoïsme chinois et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, la spiritualité s’exprime dans une profonde harmonie entre la nature, les temples et les arts martiaux.

Contrairement à Shaolin, marqué par la discipline et l’effort, Wudangshan incarne une approche plus intérieure et contemplative. Le taoïsme y enseigne le wu wei, « agir sans forcer », une manière de s’accorder aux rythmes naturels plutôt que de lutter contre eux.

La montagne elle-même semble vivante : temples et escaliers épousent les reliefs, intégrés au vent, à l’eau et à la lumière. Dans cet environnement, les arts martiaux internes occupent une place centrale, en particulier le taiji quan, souvent perçu ici comme une méditation en mouvement. Les gestes sont lents, circulaires, guidés par la respiration et la circulation du Qi, cherchant l’équilibre entre yin et yang.

À Wudangshan, la force ne s’impose pas : elle se transforme. Le corps devient un espace de circulation plutôt qu’un outil de contrainte, et l’objectif n’est pas la victoire, mais l’équilibre, la santé et la clarté de l’esprit.

Plus qu’un lieu d’arts martiaux, Wudangshan est un chemin de sagesse : apprendre à ralentir, écouter et s’accorder au monde.

Tai-chi Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025


Sur la route de Qiongtai

Après avoir payé mon billet d’entrée tout compris (environ 272 yuans), je prends un bus pour rejoindre Qiongtai, où je passerai la nuit avant les visites du lendemain. Le trajet n’est pas direct et je dois changer de bus en cours de route. Je demande mon chemin, et l’on m’indique celui qui me mènera à ma destination finale de la journée.

C’est une bonne journée pour voyager : la pluie accompagne le paysage et donne une atmosphère particulière aux lieux. Après quelques kilomètres à travers les lacets les montagne de Wudang, j’arrive enfin à ma première étape.

Sur la falaise apparaît une immense inscription rouge : “Première montagne”. Dans la brume, elle semble annoncer l’importance sacrée des lieux..

20251107_191404
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025

Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, je pars faire un premier tour des environs du centre. Je cherche le restaurant de l’établissement, sans succès — je le découvrirai finalement le lendemain matin.

Je me promène dans le jardin, où j’aperçois un homme en train de pratiquer le tai chi. Ses mouvements lents et fluides semblent parfaitement en accord avec le calme des lieux.

Je termine ma petite exploration en achetant un bol de nouilles à préparer simplement avec de l’eau chaude. Il me reste encore quelques gâteaux pour compléter mon repas improvisé.

Je regagne ensuite ma chambre pour me reposer, avec l’esprit déjà tourné vers la journée qui m’attend le lendemain.

Mon hôtel à Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Téléphérique de Qiongtai dans la brume - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025


Mon hôtel à Qiongtai

J’ai choisi de passer la nuit à Qiongtai afin d’être au plus près du téléphérique et de commencer ma journée de visite tôt, avant l’arrivée de la foule. La chambre s’intègre bien à l’ambiance du lieu, avec un style authentique que je recherchais justement pour cette étape. Même si elle fait partie des hébergements les plus chers de mon voyage (environ 50 euros la nuit avec petit-déjeuner, réservé sur Trip), elle offre un bon compromis entre confort et emplacement idéal.

Mon hôtel à Qiongtai


Ascenssion au Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Le jour se lève à peine lorsque je me réveille. Finalement, je trouve assez rapidement la salle du petit-déjeuner. Au menu, un repas typique : une soupe de nouilles accompagnée de thé. Simple, chaud et parfait pour commencer la journée.

Je retourne ensuite dans ma chambre pour préparer mon sac à dos en vue de l’ascension. Puis je me dirige vers l’entrée du téléphérique de Qiongtai. Il n’est pas encore ouvert. J’en profite pour prendre quelques photos : les couleurs du matin sont bien différentes de celles de la veille au soir.

Les immenses portes rouges finissent par s’ouvrir. J’achète mon billet (150 yuans) puis me dirige vers l’embarquement. Je m’installe seule dans la cabine ; à cette heure matinale, nous sommes encore très peu nombreux.

Pendant les quelques minutes de montée, j’admire le paysage. Le ciel est chargé de nuages, mais je distingue malgré tout les reliefs des montagnes de Wudang qui émergent dans la brume.

Vue sur les montagne autour de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Entrée pour le téléphérique de Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025
Téléphérique et montagne de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Jardin de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Arrivé en haut du téléphérique, je commence à gravir les marches. Le sommet se devine à peine, enveloppé dans une épaisse brume. À travers le voile gris, j’aperçois par moments quelques bâtiments aux teintes rouges, surgissant presque mystérieusement du paysage. Des stèles de pierre jalonnent le chemin, leurs inscriptions à demi effacées semblant murmurer l’histoire ancienne du lieu.

J’apprécie pleinement cet instant dans ce lieu chargé de spiritualité, et la météo semble parfaitement s’y accorder. La brume, les feuilles tombées sur les marches humides, le silence ambiant… tout renforce le caractère authentique et intemporel de l’endroit.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Montée vers le Palais d'or

J’arrive sur une sorte de place où se trouvent déjà quelques personnes. Des barrières ont été installées pour canaliser la foule lors des périodes d’affluence, mais à cette heure-ci, l’endroit est presque désert.

Un homme allumait les bougies près des brûleurs d’offrandes. Sur le moment, je n’ai pas vraiment compris ces gestes. J’apprendrai plus tard qu’il préparait simplement les lieux pour les prières et les offrandes des visiteurs.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le rituel

Je traverse cette place et m’engage dans un escalier. Des sons viennent soudain capter mon attention. Je devrais continuer tout droit, mais quelque chose m’appelle ailleurs.

Je quitte le parcours et descends quelques marches. J’arrive devant un autel où plusieurs pratiquants taoïstes sont rassemblés. J’assiste, à distance, à un rituel du matin : des prières récitées, rythmées par le son des tambours.

Peu à peu, je me laisse envelopper par cette atmosphère. Le rythme, les voix, la résonance des sons dans l’air… tout semble suspendre le temps. Je reste là, à l’extérieur, à écouter quelques minutes.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je m’éloigne doucement de l’autel, comme à regret, et je retrouve le chemin principal. Les sons du rituel s’estompent peu à peu derrière moi, remplacés par le silence de la montagne. 

Je reprends mon ascension. Les marches s’enchaînent, toujours enveloppées dans la brume. Puis, progressivement, le voile gris se dissipe. La lumière revient, et le paysage s’ouvre enfin. La vue se dégage sur la vallée, profonde et silencieuse, où les reliefs se dessinent à perte de vue.

Par moments, quelques toits aux teintes rouges apparaissent encore, accrochés à la montagne. L’air se fait plus frais, l’atmosphère presque irréelle. Après cette montée dans la brume, ce changement offre une toute autre perspective. Un instant suspendu, juste avant d’atteindre le sommet

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Encore quelques marches, et me voilà arrivée face au Palais d’Or. J’ai atteint le sommet. 

Des pèlerins se succèdent, certains se prosternent devant le temple, d’autres déposent des offrandes dans un silence respectueux. L’atmosphère est à la fois solennelle et apaisante.

Ce palais, entièrement recouvert de bronze doré, est dédié à Zhenwu (ci-dessus), figure majeure du taoïsme. Il symbolise l’aboutissement d’une quête, autant spirituelle que physique : atteindre ce point, c’est aussi s’approcher d’un équilibre entre le ciel et la terre, entre le corps et l’esprit.

De part et d’autre de l’escalier, deux grues se dressent, symboles de longévité et de sagesse, comme un discret lien entre le monde terrestre et le monde céleste.

Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je contourne le Palais d’Or et poursuis mon chemin. Très vite, les chaines se couvrent de cadenas de vœux et de rubans rouges, noués les uns aux autres. Chacun semble porter un souhait, une pensée, un espoir discret confié à la montagne. Ces rubans rouges, emportés par le vent, guident le regard jusqu’à un arbre majestueux, juste avant la descente.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Je quitte le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Au sommet, prête à entamer ma descente, je prends le temps de m’arrêter. Le calme qui règne ici invite à savourer l’instant. La brume s’efface peu à peu, dévoilant les paysages alentour. Les reliefs apparaissent progressivement, comme si la montagne se révélait enfin. Je reste là quelques instants, à admirer la vue et à m’imprégner de ce lieu emblématique, suspendue entre silence et immensité.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Sur le côté de l’escalier, une petite échoppe attire mon attention. On y propose quelques plats simples et de quoi se restaurer.. Je m’arrête avec l’idée de prendre un café, mais je me laisse finalement tenter par un thé au gingembre. Dans ce lieu, le thé s’impose presque naturellement… et je découvre que je l’apprécie bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je me dirige ensuite vers le téléphérique pour redescendre à Qiongtai, laissant peu à peu le sommet derrière moi. De là, je prendrai un bus pour poursuivre ma visite.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Temple Qiongtai Zhongguan

Avant de partir, je fais un détour par le temple de Qiongtai Zhongguan, niché au pied du pic Tianzhu, comme une dernière étape avant de quitter ce lieu.

Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple


Le Temple Fuzhen Taizipo

Le bus me conduit jusqu’au temple de Fuzhen Taizipo. À cet endroit se trouve une grande esplanade où arrivent les différents bus du site, comme une petite station au cœur de la montagne.

J’emprunte ensuite le chemin qui mène au temple. Peu à peu, l’atmosphère change. J’arrive devant une arche et, à travers son encadrement, j’aperçois les bâtiments épouser parfaitement les reliefs de la montagne. Le rouge vif des façades domine le paysage, contrastant avec le vert profond des toits et de la végétation environnante.

Fuzhen_Taizipo
Fuzhen_taizipo1
Fuzhen_taizipo4
Fuzhen_taizipo3
Fuzhen_taizipo13v
Fuzhen_taizipo14v
Fuzhen_taizipo15v

Je découvre que même les gestes des mains ont une signification précise. Dans le rituel taoïste “Zi Wu”, chaque position accompagne la méditation et symbolise l’harmonie entre les différentes énergies.

Fuzhen_taizipo6
Fuzhen_taizipo7
Fuzhen_taizipo8
Fuzhen_taizipo9
Fuzhen_taizipo16v


Nanyan Palace

Je redescends ensuite vers l’esplanade, admirant une dernière fois l’architecture des bâtiments qui, sous cet angle, donne encore davantage de charme au lieu.

Je reprends un bus qui serpente à travers les montagnes jusqu’à atteindre Nanyan Palace. À mon arrivée, une altercation semble opposer deux hommes — une scène assez surprenante dans un endroit aussi paisible. Je n’y prête finalement pas plus attention et poursuis mon chemin.

J’emprunte alors un sentier qui monte progressivement, avec en toile de fond la silhouette du Palais d’Or dominant les sommets de la montagne.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

Je distingue un temple sans savoir qu’il s’agit en fait du Palais Nanyan. Suspendu à la falaise, il semble défier le vide et se fondre dans la montagne. Détruit sous la dynastie Yuan, il fut reconstruit en 1412 durant le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

J’arrive à une intersection. Par ici, il y a moins de monde. Je prends à droite sans vraiment savoir où je vais et me retrouve sur un chemin menant à une grotte abritant une statue de Zhenwu. Je suis seule, seulement accompagnée par le son d’une musique douce. L’endroit est apaisant.

Dans le taoïsme, on ne s’élève pas vers le ciel sans avoir d’abord traversé l’obscurité. Cette statue nichée dans la grotte semble en être le reflet.

Nanyan - The cave of Zhenwu
Nanyan - The cave of Zhenwu

Après cette belle découverte, sans âme qui vive, je retourne à l’intersection et prends l’autre chemin qui mène vers un autre palais, toujours accompagnée par cette musique douce. Je rebrousse ensuite chemin avant de réaliser que je n’ai finalement pas vu le palais. Je repars donc dans l’autre direction et finis par trouver la voie qui y mène.

Je descends des marches — encore des marches — puis j’arrive au pied d’une immense tortue portant une colonne autour de laquelle s’enroule un serpent.

Dans le taoïsme, la tortue et le serpent sont étroitement liés à Zhenwu, le Guerrier Véritable. La tortue symbolise la stabilité, l’ancrage et la longévité. Le serpent, lui, représente le mouvement, la transformation et l’énergie vitale. Ensemble, ils incarnent l’équilibre entre la force tranquille et le changement perpétuel, entre la terre et le flux de la vie.

Ici, la tortue semble soutenir le monde tandis que le serpent s’élève vers le ciel. Une image qui rappelle qu’avant de s’élever spirituellement, il faut d’abord trouver son équilibre intérieur et s’ancrer profondément.

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le Palais Nanyan

J’arrive enfin au Palais Nanyan, je longe les murs, il est vraiment perché sur la falaise. Je me demande comment ils ont pu construire un tel bâtiment. On peut voir quatre caractères chinois rouges sur la falaise, à savoir « longévité (寿) », « fortune (福) », « santé (康) » et « paix (宁) ».

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan

Sur ma route, je croiserai quelques oiseaux. Leurs chants résonnent doucement dans la montagne et accompagnent mes pas, comme s’ils faisaient eux aussi partie de l’harmonie paisible du lieu.

le palais Nanyan
le palais Nanyan
le palais Nanyan


Temple des Nuages Pourpres

Il me reste encore le Temple des Nuages Pourpres, aussi appelé Palais Zixiao, à découvrir. Je reprends le bus en direction de cette nouvelle visite. Que me réserve encore ce temple ? Ce sera le dernier de mon voyage à Wudang.

Le Palais Zixiao, aussi appelé Temple des Nuages Pourpres, est l’un des temples taoïstes les plus importants et les mieux préservés du massif de Monts Wudang. Niché au cœur des montagnes, il fut construit sous la dynastie Song puis largement reconstruit sous les Ming, à l’époque où les monts Wudang devinrent un haut lieu du taoïsme impérial.

Son nom évoque les nuages violets considérés dans la tradition chinoise comme un signe d’harmonie céleste et de bon augure. Le temple était autrefois un important centre spirituel où les maîtres taoïstes pratiquaient la méditation, les rituels et les arts internes liés à Zhenwu, divinité protectrice des monts Wudang.

 le Palais Zixiao dégage une impression de sérénité presque hors du temps. C’est un lieu où l’architecture semble se fondre naturellement dans la montagne, fidèle à l’esprit taoïste qui recherche l’harmonie entre l’homme et la nature.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

J’assiste à une sorte de procession, un groupe apporte des offrandes à Zhenwu. Tambours, prières et fumée d’encens accompagnent ce moment solennel. Sans vraiment le chercher, je participe moi aussi à la vie de ce lieu, simple témoin d’une tradition encore bien vivante.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

Je jette un dernier regard au Temple des Nuages Pourpres, encore une belle découverte où les traditions semblent traverser le temps sans jamais disparaître. Je reprends le bus pour un dernier arrêt avant la fin de la journée. Cette fois, pas de temple au programme et, à vrai dire, je ne sais pas vraiment où je vais. La route serpente encore dans les montagnes de Wudangshan, laissant place à une certaine curiosité mêlée d’incertitude.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan


La Vallée de Xiaoyao

Je suis maintenant dans la vallée de Xiaoyao. Je traverse une passerelle au-dessus d’une rivière où l’eau s’écoule doucement entre les pierres. Puis, soudain, j’entends des voix d’enfants et je me dirige naturellement vers elles.

Il semble s’agir d’un entraînement. Je m’assois un instant sur un banc et les regarde exécuter, chacun à leur niveau, différentes figures avec application mais sans pression. Certains répètent les mêmes mouvements encore et encore pendant que d’autres observent attentivement leur professeur. L’ambiance est simple, calme et sincère.

Quel beau final pour cette journée de découverte au cœur de Wudangshan.

Xiaoyao - singe
passerelle
Xiaoyao - arts martiaux
Xiaoyao
Xiaoyao

Au détour du chemin, une étrange statue attire mon regard. Un homme semble maîtriser un buffle noir lancé dans un mouvement presque sauvage. Peut-être une référence aux légendes taoïstes ou à Laozi, souvent représenté sur un bœuf. Ici, même les statues semblent raconter des histoires dont je ne possède qu’une partie des clés.

Xiaoyao - statue

Le clou du spectacle arrivera un peu plus tard. J’assisterai à une violente dispute entre plusieurs singes. Je suppose qu’il s’agit d’une mère protégeant son petit face à un mâle plus dominant. Les cris résonnent dans toute la vallée et l’agitation contraste soudainement avec le calme qui régnait quelques instants plus tôt.

La scène est impressionnante, presque brutale, mais rappelle aussi que la nature autour de Wudangshan reste totalement vivante et imprévisible.

Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe


Retour à la réalité

Il est temps pour moi de quitter ce lieu avec plein de souvenirs en tête. Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis mon arrivée et pourtant j’ai l’impression d’avoir vécu bien plus. J’ai vu tant de choses que je pense me souvenir longtemps de Wudangshan.

J’y ai trouvé tout ce que je cherchais, et même davantage : des temples accrochés à la montagne, des paysages paisibles, des traditions taoïstes encore vivantes, des entraînements d’arts martiaux et même des singes venus conclure cette aventure de façon inattendue.

Je reprends finalement un bus en direction de la sortie. Je ne crois même pas avoir pris le temps de manger avant de quitter le site. Ce sera un arrêt dans un McDonald’s qui me ramènera brutalement à la réalité après cette parenthèse hors du temps. Puis viendra le moment de rejoindre la gare pour embarquer dans un train de nuit vers ma prochaine destination.

Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Wudangshan
Wudangshan
Wudangshan - la porte
Wudangshan


Cartes de Wudangshan

Carte de Wudangshan
Carte de Wudangshan - map of Wudangshan


Vidéo et short YouTube

Une parenthèse hors du temps que je ne suis pas prête d’oublier !!!

Shaolin et Wudangshan semblent opposés, mais ces deux montagnes sacrées poursuivent la même quête intérieure. L’une enseigne la maîtrise par l’effort, l’autre l’harmonie par le relâchement. Deux chemins différents, mais une même recherche d’équilibre entre le corps, l’esprit et la nature.


Voyage

Temple Shaolin : immersion au cœur du kung-fu légendaire


6ème jour : Visite du temple de Shaolin et spectacle de kung fu


Train vers Luoyang Longmen

Je me lève tôt. Aujourd’hui, une journée particulière m’attend : partir à la découverte du Temple Shaolin.

Je rejoins la gare du nord de Xi’an, la même qu’à mon arrivée. Les repères sont là, tout est plus simple. J’embarque dans un train rapide ; en un peu plus d’une heure, j’arrive à Gare de Luoyang Longmen. À peine sortie, je trouve rapidement un chauffeur pour la journée. Il me propose de m’emmener jusqu’au temple, de m’y attendre, puis de me ramener à la gare.

Au départ, j’avais prévu de visiter aussi les Grottes de Longmen. Mais la journée ne se déroulera pas comme prévu.

train de Xi'an à Luoyang Longmen

La route pour rejoindre le Temple Shaolin devient sinueuse. Peu à peu, les montagnes se resserrent, et je me laisse porter par le trajet.

Pourquoi ce temple ? Sans doute pour retrouver quelque chose de plus profond. L’envie de voir une représentation de kung-fu, bien sûr, mais aussi celle de remonter à la source. Le Temple Shaolin n’est pas un lieu comme les autres. Il est considéré comme le berceau du bouddhisme Chan — l’ancêtre du zen — et surtout comme celui du kung-fu Shaolin, un art martial né de la discipline du corps et de l’esprit.

Quelques images me reviennent, celles des films de Bruce Lee que je regardais en famille. Un mélange de souvenirs et de curiosité.

Bientôt, je découvrirai les Monts Wudang, une autre culture et une autre approche des arts martiaux, centrée sur le tai chi. Après la rigueur et la puissance du kung-fu de Temple Shaolin, c’est une vision plus intérieure, plus fluide, qui m’attend, et pourtant les deux semblent déjà reliées par une même recherche d’équilibre.

Arrivée au Temple Shaolin, mon chauffeur me propose de m’accompagner jusqu’au début du site. Je lui explique que je me suis renseignée et que je devrais m’en sortir seule.

Les représentations de kung-fu ont lieu à des horaires précis. Dès l’entrée, je vois des minibus et décide de prendre un pass, persuadée d’aller plus vite. Pourtant, la plupart des visiteurs choisissent de continuer à pied. Je ne m’attarde pas et monte dans le premier véhicule venu.

Après quelques minutes de trajet, le minibus s’arrête devant un temple. Je descends sans trop réfléchir, convaincue que je retrouverai facilement le lieu des représentations plus tard.


Temple Shaolin

Le Temple Shaolin se dévoile lentement. Les bâtiments anciens se fondent dans le paysage, entourés d’arbres aux feuilles jaunes qui donnent au lieu une douceur presque mélancolique. Tout semble plus calme, comme si le temps s’y déplaçait différemment.

Au sol, les pierres portent les traces du passage des siècles. Des stèles dressées racontent sans mots une histoire ancienne, gravée dans la roche et dans la poussière. Autour, les visiteurs jouent avec les feuilles, s’arrêtent pour des photos, et donnent à cet espace une vie simple, presque légère.


La forêt de pagodes

Je continue mon chemin en remontant, persuadée de finir par trouver le lieu des représentations. En peu de temps, je me retrouve pourtant devant le Parc des Pagodes de Shaolin, que j’imaginais bien plus éloigné.

Puisque j’y suis, je décide de m’y arrêter. J’ai encore le temps avant le spectacle.

Le Parc des Pagodes de Shaolin est aussi appelé la “forêt des pagodes”. C’est un lieu funéraire unique en Chine.

Chaque pagode est en réalité une stèle-tombe qui abrite les cendres ou la mémoire d’un moine important du Temple Shaolin. Leur forme, leur taille et leur décoration varient selon le rang, l’époque et l’importance spirituelle du moine.

Construites sur plusieurs siècles, elles forment aujourd’hui un ensemble dense et irrégulier, comme une forêt de pierre. Ce lieu est devenu un symbole de transmission : chaque pagode marque la continuité d’une lignée de maîtres et d’enseignements du bouddhisme Chan et des arts martiaux Shaolin.

En résumé : ce n’est pas un simple monument, mais un cimetière spirituel de maîtres, au cœur même de l’histoire du temple.

Je m’interroge sur le lieu des représentations : il n’y a presque personne par ici. Je demande mon chemin au kiosque des minibus. On m’indique de retourner à l’entrée. Cela ne me paraît pas cohérent… 

Je fais donc demi-tour vers le temple. En chemin, une musique douce m’attire vers un cours d’eau. Je m’arrête un instant : elle est apaisante.

Puis je reprends ma route. Des cris de kung-fu résonnent au loin. Ils captent immédiatement mon attention. Je ne dois pas être loin… mais cela signifie aussi que la représentation est peut-être en cours.

Je longe un sentier bordé de bambous et débouche sur des bâtiments ornés de statues en posture martiale. J’ai trouvé… enfin.

Mais la dernière représentation de la matinée vient tout juste de se terminer. Il faudra attendre deux heures.

Dilemme : partir vers les Grottes de Longmen et risquer de manquer ce pour quoi je suis venue… ou rester.

Je choisis de rester. Tant pis pour les grottes. Je contacte mon chauffeur via WeChat pour l’avertir que j’ai raté la dernière représentation de la matinée. Il me répond simplement de prendre mon temps, que ce n’est pas grave.

À côté, un terrain d’entraînement est rempli d’enfants en pleine pratique du kung-fu. Je les observe derrière les barrières : gestes répétés, concentration, discipline. Certains sont totalement absorbés, d’autres me lancent des sourires furtifs.

Pour patienter, je m’achète un bol de nouilles soja-légumes. Simple, réconfortant.

Je déambule encore un peu dans les environs, puis les portes s’ouvrent. Je me place aux premières loges. La salle se remplit rapidement… et le spectacle commence.

kung fu

Si tôt le spectacle fini, je rejoins mon chauffeur qui a été patient. Il est presque 15h. Je n’ai plus le temps d’aller visiter les grottes de Longmen. Une fois de plus, j’ai prévu trop de choses et je réalise qu’il faut que j’apprenne à mieux doser mes futurs voyages.

Il y a une file de voitures à l’arrêt au moment de prendre la route du retour vers la gare. Mon chauffeur descend et se renseigne. Il m’explique qu’un camion est en panne — ou peut-être un accident impliquant un camion — et que la route ne sera pas praticable avant plusieurs heures. Je commence à paniquer légèrement, car je dois prendre mon train pour rentrer à Xi’an.

Mon chauffeur me propose alors de faire un détour, de contourner la montagne. Ce sera plus long d’environ 30 minutes. J’accepte immédiatement, car j’ai de la marge pour mon train. C’est clairement la meilleure solution dans l’immédiat.

Juste avant d’arriver, il me propose de me ramener le lendemain à la gare. Heu… non, non, je dois prendre mon train ce soir pour rentrer dormir à mon hôtel. J’avoue, je ne l’avais pas vu venir celle-là. Il n’insiste pas et me conduit à la gare comme prévu.

Je peux finalement profiter de ma dernière soirée à Xi’an.

Je m’arrête dans un restaurant au hasard et choisis deux plats sans vraiment savoir ce que je commande. Pour le premier, la traduction indique le mot sang de mouton. J’hésite un instant… puis je commande quand même, par curiosité.

Xian_repas_dernier_soir1
Xian_repas_dernier_soir2
Xian_repas_dernier_soir4
Xian_repas_dernier_soir3

Finalement, je ne mangerai que le plat de nouilles. J’ai goûté deux ou trois morceaux de l’autre plat, qui ressemblait à une sorte d’abat gélatineux, mais la texture et le goût ne me disaient rien…

Le repas m’a coûté 36 yuan pour deux plats et une boisson, ce qui reste très abordable comparé aux prix pratiqués en France (environ 4,50 euros).

Je suis ensuite rentrée à l’hôtel pour dormir. Demain, je quitte Xi’an pour une autre découverte, et pas des moindres : je pars à la rencontre du taoïsme au mont Wudang.


Voyage

Xi’an, entre remparts et mélodies de rue


4ème jour : direction Xi'an

Aujourd’hui, je quitte Pékin en direction de Xi’an, en train. Il me reste encore tant à découvrir, et l’impatience commence à monter.

Je commande un Didi pour rejoindre la gare de Pékin Ouest. Comme c’est une première pour moi, je préfère prévoir large — difficile de savoir à quoi m’attendre, surtout avec la circulation. Finalement, j’arrive largement en avance. 

À l’entrée, premier contrôle : bagages scannés, passeport vérifié. Une fois dans le hall, je scrute le panneau d’affichage jusqu’à repérer mon train et ma porte d’embarquement. Et là, surprise : tout fonctionne comme dans un aéroport. Contrairement à chez nous, impossible d’accéder directement aux quais. Il faut patienter dans une salle d’embarquement dédiée, puis présenter à nouveau son passeport pour passer le contrôle. Un espace est même réservé aux étrangers. 

Une fois sur le quai, les choses se compliquent un peu. Des marquages au sol indiquent où s’arrêtera chaque wagon, mais malgré mes efforts, je peine à m’y retrouver. Je finis par demander de l’aide… et, pour être honnête, je ne suis toujours pas certaine d’avoir vraiment compris le système.

À mon arrivée à la gare de Xi’an Nord, je prends quelques instants pour m’orienter avant de trouver le chemin vers le métro. Je repère rapidement comment obtenir le QR code nécessaire pour circuler à Xi’an et l’active sur mon téléphone. Une fois le code scanné, j’accède sans difficulté au réseau. Je sais déjà que je dois rejoindre la station Anyuanmen. Le trajet dure une vingtaine de minutes, le temps pour moi de reprendre doucement mes repères dans cette nouvelle ville.

À mon arrivée à la station Anyuanmen, je fais mes premiers pas dans Xi’an. En sortant du métro, l’ambiance change immédiatement : une nouvelle ville, une nouvelle énergie. Je prends quelques instants pour m’orienter, téléphone à la main, afin de rejoindre mon hébergement. Je me trouve sur une grande artère, avec un flux continus de circulation. Rien à voir avec les petites rues : ici, tout semble plus ouvert, plus structuré. Le trajet jusqu’à mon logement se fait tranquillement, le long de cet axe imposant. J’arrive enfin à destination (Sanjian Homestay), prête à poser mes affaires et à partir explorer.

À la réception, la communication n’est pas évidente : la réceptionniste ne parle pas anglais. Malgré tout, nous parvenons à nous comprendre avec quelques gestes et un peu de patience. Je lui tends mon passeport pour l’enregistrement, puis elle m’accompagne jusqu’à ma chambre. Je prends enfin possession des lieux. Mon premier réflexe est immédiat : me diriger vers la fenêtre. Et là, aucune déception — la vue sur les remparts de Xi’an est bien là. L’hôtel se situe juste à l’extérieur, à environ 200 mètres. J’avais réservé une chambre avec vue, et je ne regrette pas. J’imagine déjà le spectacle une fois la nuit tombée.

La chambre est confortable et agréable dans l’ensemble. Un détail vient toutefois ternir un peu l’expérience : une odeur persistante de cigarette. Je n’avais pas fait de demande particulière, et je suppose que cela provient des conduits ou de la climatisation. Je pourrais demander à changer de chambre, mais pour seulement trois nuits, je décide de m’en accommoder… même si, je dois l’admettre, l’odeur est assez marquée.


Des rues animées

Je pars à la découverte de Xi’an et me dirige, pour commencer, vers les remparts. J’ai lu sur internet qu’il est possible de les parcourir à vélo, tant ils sont vastes.

En chemin, des sons attirent rapidement mon attention. Une musique douce flotte dans l’air. Je me rapproche d’un parc et découvre des personnes en train de danser au rythme des enceintes posées au sol. Je m’avance encore un peu pour profiter de cette ambiance qui me plaît tant. La lumière est encore vive, mais déjà adoucie par les arbres du parc.

Et non, je ne les ai pas rejoints pour danser. J’observe. Les gestes, les bras, les mains, les doigts… tout est en harmonie. Les mouvements sont lents, précis, presque hypnotiques. C’est doux, apaisant. Je reste un moment à les regarder, portée par cette atmosphère paisible, puis je poursuis ma route. Un peu plus loin, je découvre un autre groupe, plus petit cette fois, évoluant comme dans une véritable chorégraphie. Les pas sont parfaitement synchronisés, comme répétés mille fois. Là encore, je m’arrête, m’imprègne de la musique et les observe.


Les remparts

Je poursuis ma route après cet intermède fort agréable, à la recherche d’une entrée pour accéder aux remparts. Je finis par en trouver une et achète un ticket sur place, n’ayant rien réservé à l’avance.

Devant moi se dresse un grand escalier de pierre. Mon regard est aussitôt attiré par une femme vêtue de rouge, ombrelle à la main, posant pour des photographies. En levant les yeux, j’aperçois, en haut des remparts, de nombreuses personnes en habits traditionnels, se prêtant au jeu des photographes. La scène a quelque chose d’irréel, comme un décor vivant suspendu au-dessus de la ville.

Arrivée en haut des remparts, je marque un court arrêt. Le regard balaie l’espace, à la recherche des vélos dont j’avais entendu parler. Sans trop hésiter, je choisis une direction et commence à avancer, curieuse de découvrir ce qui m’attend plus loin.

Je marche sur une longue portion, absorbée par le contraste entre ces pierres anciennes, chargées d’histoire, et la ville moderne qui s’étend de part et d’autre. Sous mes pieds, les dalles irrégulières racontent le passage du temps, tandis que les tours, imposantes, se dressent à intervalles réguliers, comme des points de repère immuables. Le regard se perd au loin, suivant cette ligne fortifiée qui semble ne jamais s’arrêter.

Construits à l’époque de la dynastie Ming, ces remparts comptent parmi les mieux conservés de Chine. En les parcourant, j’imagine les soldats qui autrefois surveillaient l’horizon depuis ces mêmes hauteurs. Aujourd’hui, les vélos ont remplacé les gardes, mais le lieu semble avoir conservé quelque chose d’intact.

Après une bonne demi-heure de marche, je finis enfin par trouver les vélos. Soulagement. Je vais pouvoir parcourir ces 13 kilomètres et faire le tour complet des remparts.

La nuit commence doucement à tomber. Peu à peu, les lumières s’allument, révélant une toute autre facette des lieux. L’atmosphère change, devient presque irréelle… plus mystérieuse, comme si l’histoire reprenait vie sous mes yeux. Je pédale le long des murailles, le bruit régulier des roues sur les pavés résonnant sous moi, presque hypnotique. Ce rythme accompagne ma progression et renforce cette sensation d’être hors du temps.

J’avance ainsi jusqu’à atteindre un passage où je dois laisser mon vélo. Impossible de continuer. Je descends, traverse à pied, puis récupère un autre vélo de l’autre côté. Je repars alors, retrouvant peu à peu ce même rythme, pour boucler finalement ce tour. 100 m avant d’arriver à mon point de départ, je réalise mon erreur : les vélos se trouvaient en réalité dans l’autre sens, bien plus proches que je ne l’imaginais. Un léger sourire me vient en comprenant que j’aurais pu les trouver en quelques minutes.

Quel moment, encore une fois… différent de tout ce que j’ai pu vivre auparavant. Une fois de plus, j’apprécie pleinement. Je voyage à travers la vie telle qu’elle est aujourd’hui, tout en ayant le sentiment de plonger dans celle d’il y a des centaines d’années… comme un véritable voyage dans le temps.

Mais il est temps de reprendre des forces.

Je m’arrête un peu au hasard dans un petit restaurant rapide, une sorte de fast-food chinois. Pas besoin de parler la langue : les photos des plats font très bien l’affaire — facile, efficace… et ça me fait sourire. Je commande des Biangbiang noodles, accompagnées d’une bière, puis je m’installe à une table. Le plat arrive rapidement. Visuellement déjà, il est très appétissant… et à la première bouchée, c’est un vrai régal.

Alors que je profite de ce moment, je remarque une dame d’un certain âge qui m’observe. Son regard passe de ma bière à moi, avec une certaine insistance… comme une forme de désapprobation silencieuse. Une femme seule en train de boire une bière, ce n’est sans doute pas si courant ici. Je n’y prête pas plus d’attention et continue de savourer mon repas.

Rassasiée, je reprends finalement le chemin de l’hôtel, prête à m’offrir une bonne nuit de sommeil après cette journée riche en découvertes.


Voyage

Après l’immensité de la Muraille, retour à Pékin


3ème jour : le Palais d'été, la rue de Nanluogu Alley


Retour à Pékin

Je retourne ensuite à Pékin en Didi. J’ai sans doute payé plus cher que nécessaire, mais je ne voulais pas perdre de temps à attendre un bus.

J’avais encore de l’avance, et je voulais en profiter pour rentrer suffisamment tôt afin de visiter le Palais d’Été. Je n’avais visiblement pas encore assez marché : l’envie d’explorer les lieux emblématiques de Pékin était toujours là.

Je repasse d’abord par ma chambre d’hôtel pour me poser un peu. Je décide de commander à manger avec l’aide du responsable de l’hôtel, qui parle anglais. J’opte pour des raviolis chinois à la viande, cuits à la vapeur. J’avais envie de tester la livraison en chambre avec le robot, curieuse de voir cette scène un peu futuriste. Mon repas mettra finalement près d’une heure à arriver, juste le temps de me reposer un peu avant de repartir.


Le Palais d'été

Pour gagner du temps, je reprends un Didi qui me conduit directement à l’entrée du Palais d’Été. Le site étant en extérieur, je traverse Pékin et j’arrive en fin d’après-midi, exactement comme je l’espérais. En entrant dans le Palais d’Été, je change complètement d’atmosphère. Après l’effort de la muraille, place à quelque chose de plus apaisant. Les allées sont larges, les pavillons élégants, et le regard se perd rapidement entre les temples, les ponts et le lac.

La lumière de fin de journée enveloppe le lieu d’une douceur particulière. Le soleil descend lentement, se reflétant sur l’eau du lac Kunming. Les couleurs deviennent plus chaudes, presque dorées, et tout semble ralentir. Je marche sans vraiment suivre de chemin précis, me laissant porter par l’endroit. Chaque détour offre une nouvelle perspective : un pavillon perché, un pont délicat, une silhouette qui se découpe dans la lumière du soir.

Malgré le monde, je trouve des instants de calme. Comme si le lieu imposait naturellement une certaine sérénité. Je prends le temps, simplement. Après cette journée intense, c’est exactement ce qu’il me fallait.


La rue de Nanluogu Alley

La nuit commence à tomber lorsque je quitte le Palais d’Été. Je reprends la route vers le centre de Pékin, encore imprégnée du calme du lieu.

Quelques heures plus tôt, j’étais sur la muraille, presque seule face à l’immensité. Et me voilà maintenant plongée dans l’agitation de la ville.

Je me rends dans la rue de Nanluogu Alley, bien connue pour sa street food. Les lumières, les odeurs, le bruit… tout contraste avec la sérénité de la fin d’après-midi. Je m’arrête pour goûter au célèbre canard laqué. Assise là, je savoure ce moment simple. Après cette journée intense, entre montagnes, histoire et marche, ce repas a un goût particulier.

La fatigue commence à se faire sentir, mais c’est une bonne fatigue. Celle d’une journée bien remplie. En rentrant, je repense à tout ce que j’ai vécu en quelques heures seulement. La muraille au lever du soleil, le coucher du soleil au Palais d’Été, puis l’énergie de Pékin la nuit.


Voyage

En route vers Gubei, entre eau et lumière


2ème jour : le village d'eau de Gubei et la vue sur la muraille de Chine


Direction Gubei

Je prépare mon sac pour ma prochaine excursion — et pas des moindres. Je quitte la chambre jusqu’au lendemain : j’ai décidé de dormir au pied de la muraille de Chine pour être en haut dès l’aube et admirer le lever du soleil.

Je dois d’abord trouver l’arrêt de bus. Je prends un Didi jusqu’au lieu indiqué : Dongzhimen. Je pensais que ce serait la partie la plus difficile. Finalement, le chauffeur me dépose non loin de l’arrêt. Je demande mon chemin à la station située en face : il me suffit de traverser le grand boulevard. J’arrive même un peu en avance, plutôt fière de moi.

Le bus arrive. Et là, tout se complique. Au moment de monter, je comprends que le chauffeur n’accepte ni Alipay ni WeChat. Seulement du cash… ou une application locale que je n’ai pas. Quelques personnes essaient de m’aider, sans succès. Aucun magasin à proximité.

À cet instant, je me dis : ce n’est pas possible… je ne suis pas venue jusqu’en Chine pour rater la muraille.

Finalement, le chauffeur accepte de m’emmener et que je le paie une fois arrivée à Gubei.

20251102_122340


Gubei, la ville d'eau

Arrivée à Gubei, la ville d’eau, je trouve de l’aide pour obtenir des espèces : un commerçant accepte de me donner du cash en échange d’un paiement via WeChat. Je retourne ensuite au bus pour régler mon dû au chauffeur, en le remerciant.

La ville d’eau de Gubei ne sera pas ma dernière destination de la journée. Ce village, en grande partie reconstruit dans le respect de l’architecture traditionnelle, a tout pour séduire. C’est notamment pour voir la muraille éclairée en fin de journée que je suis venue jusqu’ici.

Je me plais à me balader tranquillement dans les ruelles. Je prends le temps d’apprécier l’instant : tantôt je traverse un pont, tantôt je longe le canal, tantôt je me perds dans une petite ruelle. Les couleurs de l’automne se mêlent aux murs gris et donnent au lieu une atmosphère presque intemporelle.

Puis je bifurque et m’engage dans une ruelle en pente. Le soleil commence à décliner… et soudain, elle apparaît. Au loin, la muraille, immense, se dessine dans la lumière dorée du soir.

Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town
Gubei Water Town


Prochaine étape Jingshanling

Il est temps pour moi de quitter la ville d’eau de Gubei. Je commande un Didi pour rejoindre Jingshanling, à une trentaine de minutes de route. Le trajet me coûtera un peu plus cher que prévu, mais peu importe : la fatigue commence à se faire sentir et je n’ai qu’une envie, arriver à l’hôtel, me poser et passer une bonne nuit avant une nouvelle journée qui s’annonce prometteuse.

À l’entrée du site, un garde autorise le véhicule à passer. L’endroit n’est pas très grand, pourtant je ne distingue pas mon hôtel. Finalement, le responsable vient à ma rencontre et m’y accompagne. J’ai rapidement l’impression d’être la seule cliente.

Ma chambre se trouve juste à côté de la réception. L’hôtel semble tenu par un couple, probablement mari et femme. Je profite de mon arrivée pour leur demander des informations pour le lendemain matin : comment accéder à la muraille dès 5 heures, par où passer…

Ils me donnent un bol de nouilles en guise de petit déjeuner. Comme je n’ai pris qu’un léger encas à Gubei, je décide de le manger dès ce soir. Un peu de féculents ne me feront pas de mal, et, pour être honnête, je ne me vois pas vraiment avaler ça au réveil. Heureusement, j’ai quelques gâteaux que j’emporterai avec moi pour le matin.

Je prends enfin mes quartiers. La chambre est fraîche, presque froide. Une bonne douche, puis je me glisse sous les couvertures… prête à récupérer.


Voyage

Marcher sur la Grande Muraille, à Jinshanling


3ème jour : la muraille de Jingshanling


Lever de soleil sur la muraille de Chine à Jingshanling

Je me réveille vers 4h30 sans difficulté. L’excitation est à son comble. Je quitte la chambre avec toutes mes affaires, en ayant pris le strict minimum. Je n’ai pas emporté mon drone : ce n’est pas autorisé et je ne veux prendre aucun risque. Pourtant, une fois sur place, j’en apercevrai un… en train de voler juste au-dessus de moi.

Je trouve l’entrée sans difficulté, comme me l’avait indiqué le couple de l’hôtel. Un homme est déjà présent sur place.

La veille, lorsque j’avais demandé comment faire, le gérant avait commencé à m’expliquer qu’il fallait payer en espèces. Puis une femme — sans doute sa mère — était intervenue pour le reprendre. Il s’était alors ravisé, précisant que le paiement se faisait finalement via WeChat. Je règle donc les 55 yuans pour accéder au site.

Je m’engage sur le chemin, qui grimpe doucement au début, puis de manière plus soutenue. Après quelques minutes, j’arrive sur une petite place : une statue de cavalier, des stèles et quelques canons s’y dressent, comme un premier aperçu du décor historique qui m’attend. Sur une pierre, deux dates attirent mon regard : 1528 – 1588. Elles témoignent de l’époque où cette portion de la muraille fut renforcée, sous la dynastie Ming.

J’arrive juste avant le lever du soleil. Je m’engage sur un premier tronçon, avant de comprendre que je suis dans une impasse. Demi-tour. Cette fois, c’est la bonne direction.

La muraille apparaît au loin, immense et silencieuse, comme un serpent de pierre qui s’accroche aux montagnes. Le vent froid me caresse le visage, et le sol crisse sous mes pas. Je m’arrête, fascinée : chaque bloc, posé avec patience et précision, raconte des siècles d’efforts, des mains d’hommes et de femmes qui ont transporté ces pierres, affronté le relief, la fatigue et le temps.

Je ne parcours qu’un infime tronçon, et pourtant elle me paraît infinie. Les pierres ont gardé la mémoire des siècles, et je sens, comme un souffle discret, la grandeur et la persévérance de ceux qui l’ont construite.

Je prépare mon matériel pour immortaliser l’instant et j’attends le lever du soleil sur la muraille. Je ne suis pas seule : quelques photographes sont là, silencieux, prêts à capturer cet instant. Le ciel est dégagé, pas un nuage à l’horizon.

Un professeur d’anglais m’a filmée un peu plus tôt, avant l’aube. Nous avons discuté quelques minutes, et il m’a envoyé la vidéo sur WeChat. Puis le soleil arrive. Je tente de capturer l’instant, de graver dans ma mémoire la lumière qui inonde ces kilomètres de pierre. C’est magnifique. L’emplacement est parfait, et je reste là, émerveillée, témoin de la muraille qui s’éveille avec le jour.

Après le lever du soleil, je reprends mon chemin, laissant derrière moi les quelques photographes. Je traverse la section de Jingshanling d’ouest en est, sur une dizaine de kilomètres.

Je marche pendant quatre à cinq heures, ne croisant que très peu de monde. Le silence est presque irréel. À un moment, je m’arrête pour prendre un café. Une marchande, qui m’avait photographiée un peu plus tôt, sort un thermos. Me voilà assise sur la muraille de Chine, à boire un café soluble. Je n’aurais jamais imaginé vivre ça un jour. Je savoure pleinement l’instant.

J’achète aussi un petit porte-bonheur… qui se cassera quelques jours plus tard. Comme un souvenir imparfait, mais bien réel.

La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling
La Grande Muraille à Jinshanling

La marche continue, et les kilomètres se font sentir. Les jambes deviennent lourdes, surtout dans la dernière descente. À un moment, je me demande si mes cuisses vont tenir. Je m’étais préparée ces derniers mois — j’avais perdu une dizaine de kilos, marché régulièrement dans les montagnes du Jura — mais clairement, pas pour ces escaliers.

Et pourtant, malgré la fatigue, je me sens bien. Je l’ai fait. Et c’est bien là l’essentiel.

Ce sont des souvenirs précieux, et sans doute l’un des plus beaux moments de mon voyage.

Si vous passez par la Chine, je ne peux que vous recommander la section de la Grande Muraille de Jingshanling. Pas besoin de tout parcourir : l’essentiel est de prendre le temps. Mais s’il y a une chose à faire, c’est de dormir sur place pour assister au lever du soleil. C’est une expérience à part.

Quel beau souvenir !!!


Voyage

Premiers pas à Pékin

Aéroport de Daxing

20251115_165907

L’aéroport de Daxing, inauguré en 2019, ne laisse personne indifférent. Certains y voient un phénix déployant ses ailes — symbole du roi des oiseaux dans la mythologie chinoise — d’autres une étoile de mer à six branches. À une quarantaine de kilomètres au sud, il s’inscrit presque naturellement dans le prolongement de l’axe nord–sud de Pékin, le même qui traverse la Cité interdite. Conçu pour tirer parti des technologies modernes, il mise sur l’efficacité énergétique : production photovoltaïque, récupération et réutilisation des eaux pluviales, et l’un des plus vastes systèmes de pompe à chaleur géothermique au monde.


1er jour : Immersion en terre inconnue

Il est temps maintenant de rejoindre le coeur de Pékin et de trouver mon hôtel. Pour cela je dois prendre le métro de l’aéroport de Daxing à Caoqiao. Les indications dans l’aéroport sont très claires : je repère rapidement le chemin menant à la station.

Sur l’application Alipay, je sélectionne « Beijing » puis « Subway » afin de générer un QR code pour le trajet. Tout fonctionne parfaitement : je parviens à charger le code et à le scanner pour prendre le métro.

Pour atteindre mon hôtel, je dois enchaîner trois lignes différentes. L’application Metroman m’a été d’une grande aide : elle m’a permis de déterminer précisément quelles correspondances prendre pour arriver au plus près de ma destination. Le prix est bon marché car moins de 5 euros avec le Daxing Airport Express. Les prix sont mentionnées dans l’application Metroman.

Les indications étaient claires, aussi bien dans l’application que dans le métro. J’étais tellement concentrée sur mon trajet que je ne me souviens même plus s’il y avait beaucoup de monde autour de moi. En revanche, je pense que je me souviendrais toujours de ma sortie du métro. Une foule dense, du bruit de toutes parts, des odeurs de nourriture qui flottent dans l’air, des petites ruelles… mais où suis-je exactement ? Tout semble fourmiller autour de moi et, l’espace d’un instant, une pointe de panique me gagne. Je sors mon téléphone et ouvre Amap pour retrouver mon chemin. L’application détecte ma position, je copie l’adresse de l’hôtel et me mets en route.

Je m’engage d’abord dans une minuscule ruelle. Très vite, le doute m’envahit : est-ce vraiment par là ? Je ne le sais pas encore, mais je viens tout simplement d’entrer dans un hutong. Je fais demi-tour, prends une autre direction… pour finalement me rendre compte que ce n’est pas la bonne. Résignée, je reviens sur mes pas et reprends la toute première ruelle.

Je dois parcourir environ 700 à 800 mètres, ma valise à la main et mon sac à dos sur les épaules. J’ai l’impression que tous les regards se posent sur moi. Je n’ai même pas le réflexe d’apprécier cette toute première immersion dans Pékin, tant je suis concentrée sur l’idée d’arriver.

Au bout de la ruelle, la ville s’ouvre soudain : une grande route avec beaucoup de circulation (voiture, scooter, vélos…), des petits magasins alignés de chaque côté. Mon estomac, lui, ne suit plus vraiment. J’imagine que le dernier repas — un petit déjeuner à base de friand à la tomate dans l’avion — y est pour quelque chose. Peut-être aussi l’inquiétude, le stress de l’inconnu, la fatigue accumulée… Les odeurs de nourriture me dérangent un peu, alors que paradoxalement je sais qu’il faudrait que je mange.

Je tourne à gauche dans la grande rue, scrute les façades… et enfin, je l’aperçois : mon hôtel, juste de l’autre côté de la route. Ouf. J’y suis.

Maintenant que j’ai enfin trouvé l’hôtel, je me dis qu’il serait bon de manger un petit quelque chose. Je m’arrête devant un stand et décide de tester une pâte farcie à la viande. Mauvaise idée… 

Je rentre enfin dans l’hôtel. À l’accueil, la réceptionniste semble parler un peu anglais. Je lui explique que j’ai une réservation et lui tends mon passeport. J’avais lu que les étrangers devaient obligatoirement le présenter pour l’enregistrement. Elle échange quelques mots avec son collègue… et je ne comprends absolument rien. Je tends l’oreille, espérant saisir au moins un mot familier, mais c’est peine perdue.

Finalement, après avoir pris toutes les informations nécessaires, elle me rend mon passeport. Ouf, ma réservation a bien été retrouvée.

Petite frayeur pourtant, quelques semaines avant mon départ. Je consultais régulièrement mes réservations — j’aimais bien revoir les photos des hôtels que j’avais réservé pour me projeter dans le voyage — quand j’ai découvert une étrange mention indiquant que l’établissement n’acceptait plus de nouvelles réservations. Inquiète, j’ai immédiatement contacté Trip pour comprendre ce qu’il se passait. La réponse s’est fait attendre, mais j’ai fini par apprendre que l’hôtel avait été rénové et qu’il portait désormais un autre nom. Ma réservation, elle, était toujours valable : seul le nom sous lequel l’établissement apparaissait avait changé.

La chambre n’était pas encore prête — il n’était que 13 h, après tout. J’ai profité de l’attente pour grignoter mon premier encas et boire un thé offert à la réception. Je le regrette presque aussitôt. Était-ce parce que j’étais encore barbouillée ? Peut-être. En tout cas, je n’ai pas aimé : beaucoup trop gras pour moi. Le deuxième, je ne l’ai même pas envisagé : par peur de me rendre malade dès le premier jour, et puis honnêtement, je pense qu’il ne serait tout simplement pas passé…

Environ vingt minutes plus tard, on m’a indiqué que je pouvais monter dans ma chambre. Je découvre une chambre spacieuse et agréable avec fenêtre donnant sur un toit et la rue. Je commence par prendre une bonne douche et me changer.

La place Tiān'ānmén et la Cité Interdite

Maintenant, pas de temps à perdre : j’avais déjà réservé mon entrée pour la place Tian’anmen via l’application WeChat, dans le mini-programme officiel – et gratuit – dédié à la “place Tiān’ānmén”. J’avais également réservé mon billet d’accès à la Cité interdite sur Trip (11,60 euros), l’entrée devait impérativement se faire avant 15 h 30.

Je décidai donc de commencer mes visites par ce site incontournable. Certains diront que c’est trop touristique ; pour moi, c’est l’âme même de Pékin, un symbole d’histoire et de puissance. Pour m’y rendre, j’opte pour l’application Didi. Je demande un petit coup de main à la réception – merci le traducteur – et finalement c’est assez simple. Il suffit surtout d’indiquer précisément le point où l’on souhaite être déposé, car la place Tian’anmen comporte plusieurs entrées.

Le Didi arrive en une dizaine de minutes, malgré la circulation dense de cette heure-là. Je montre ma réservation sur l’écran de mon téléphone pour confirmer ma destination, le chauffeur acquiesce et nous voilà partis. J’en profite pour découvrir Pékin à travers la vitre : ses avenues larges, ses contrastes, son énergie. Environ vingt minutes plus tard, le Didi me dépose non loin de mon point d’entrée. Je paie 30.20 CYN le trajet.

Je poursuis à pied, guidée par l’application Amap. Ne sachant pas exactement où me diriger, je montre une nouvelle fois ma réservation à un garde ; il m’indique le point de contrôle à rejoindre. Je passe alors devant la porte Qianmen, qui marque le début de l’une des artères principales de Pékin. L’impression de plonger au cœur de l’histoire devient plus forte à chaque pas.


Je finis par trouver le point de contrôle. Je présente mon passeport au garde et il me laisse passer. À partir de là, je dois suivre un parcours balisé : une rue dans un sens, puis dans l’autre, pour rejoindre le contrôle des sacs. Il n’y a pas trop de monde, finalement. Une file s’est formée, mais elle avance vite. Je dépose mon sac à dos sur le tapis du scanner ; tout se déroule sans encombre.

Je continue à suivre le tracé imposé et, après quelques minutes, j’arrive enfin sur cette immense esplanade qu’est la place Tian’anmen. Cette place est tristement célèbre pour les événements de juin 1989. J’ai en tête une image : celle de cet homme debout devant les chars. J’avais 16 ans à l’époque, sans véritablement comprendre ce qui se jouait alors… Une image pourtant marquante, largement relayée par les médias.

Plus récemment, le 3 septembre, la place a accueilli l’un des plus grands défilés militaires de Chine, organisé pour commémorer le 80ᵉ anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire chinoise sur le Japon. Et le 1ᵉʳ octobre dernier, c’est la cérémonie des 76 ans de la fondation de la République populaire de Chine qui s’est tenue ici même. Un lieu chargé d’histoire, dans toutes ses dimensions.


Je fais le tour tranquillement et me rapproche de la cité interdite, il y a un peu plus de monde. Je découvre cette grand façade avec le portait de Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine et à l’initiative du Grand Bond en avant (1958 – 1962) et de la Révolution culturelle (1966 – 1976). Il reste une figure très controversée de la Chine, d’un côté famine, persécutions, chaos politique et d’un autre côté honoré comme le fondateur de l’Etat moderne. Mao Zedong proclama la République populaire de Chine le 1er octobre 1949 depuis le balcon de la porte de la Paix céleste surplombant la place Tian’anmen

Je longe la façade, puis je traverse le pont qui mène à la première porte. J’observe ces immenses portes rouges, couvertes de clous impériaux alignés dans une parfaite grille de 9 par 9, symbole de puissance et de perfection dans la Chine impériale. Le chiffre 9 était celui de l’empereur, et ce motif était réservé aux bâtiments de plus haut rang. Les plus grands palais soutenus par 9 piliers.


Plus j’avance, plus je vois des gens courir. Soudain, je me rappelle que je dois entrer dans la Cité interdite avant 15 h 30. Je pensais être déjà à l’intérieur, mais je n’ai encore passé aucun point de contrôle. J’accélère le pas et j’aperçois enfin les portiques de sécurité. Ouf, il y a encore du monde. Je me dirige vers l’accès… et j’entre dans la Cité interdite.

Un peu d'histoire

La Cité doit son nom au fait que son accès était interdit au peuple et aux personnes étrangères à la famille impériale pendant plus de 500 ans. Le palais impérial des dynasties Ming et Qing a été édifié entre 1406 et 1420 par l’empereur Yongle (Ming Zhu Di). Il décida de transférer la capitale de Nankin à Pékin. Il voulait un palais à la hauteur de son pouvoir, mais aussi un centre politique et symbolique du monde chinois. Les empereurs et leur famille (14 empereurs Ming et 10 empereurs Qing) vivaient en autonomie et ne sortaient que pour des cérémonies ou des inspections.

La Cité interdite a été conçue selon les principes du Fengshui : le yin et le yang et les cinq éléments de l’univers (eau, feu, bois, métal et terre), visant à harmoniser l’homme et l’environnement. Son axe principal nord-sud, la protection des collines au nord, l’ouverture au sud ainsi que la symétrie des cours et des halls reflètent ces règles. Même les couleurs et les matériaux choisis portent une forte symbolique impériale.

Les couleurs sont particulièrement significatives : le rouge ou pourpre des murs représente l’ordre, le centre de l’univers et la prospérité. C’est une couleur censée apporter chance, reconnaissance et renommée. Le jaune, utilisé pour les toits et symbole de la famille royale, incarne le respect et l’autorité impériale. Seul l’empereur avait le droit de porter des vêtements jaunes. Le jaune est également central dans la cosmologie chinoise et représente le centre de l’univers dans la pensée impériale. Le vert symbolise l’espoir, l’harmonie et la régénération. Dans la culture chinoise, il est associé à la croissance, à la fertilité, à la santé et est considéré comme une couleur porte-bonheur.

Les statues en bronze ou en marbre, souvent placées le long des toits, avaient une fonction symbolique et protectrice. Chaque animal représentait une qualité ou une puissance : le dragon symbolisait l’autorité impériale et protégeait le palais, le phénix incarnait l’harmonie et la noblesse, le lion la puissance et la protection, la cigogne et la tortue la longévité et l’immortalité, le singe servait à repousser les forces néfastes, et les chevaux représentaient la vitesse et l’endurance. Ces statues avaient aussi un rôle pratique : leur poids contribuait à stabiliser les tuiles faîtières

La rivière aux eaux d’or, située dans la cour extérieure, servait à réguler l’humidité et à prévenir les incendies. Des marmites en bronze étaient disposées le long de la rivière pour contenir de l’eau en cas de feu.

Cinq ponts traversent la rivière, chacun symbolisant des vertus inspirées des enseignements confucéens, telles que l’humanité, le sens du devoir et la piété filiale. Le pont central était réservé à l’empereur, deux autres à sa famille, et les deux restants aux fonctionnaires.

Les balustrades en marbre, sculptées de dragons et de phénix, ornent les ponts et se prolongent le long de la rivière, combinant fonction décorative et symbolique pour renforcer la puissance et l’harmonie de l’ensemble.

Le temps a filé sans que je m’en rende compte. Les haut-parleurs annoncent la fermeture imminente ; il faut avancer. Derrière nous, les gardiens commencent déjà à fermer les portes. J’ai mal calculé mon temps, et je le regrette. Un lieu comme celui-ci demande qu’on s’y attarde, qu’on s’imprègne lentement de son histoire et de ses silences.

À contrecœur, je me laisse entraîner vers la sortie, avançant au rythme de la foule. Mes pas me conduisent finalement dans le jardin impérial, comme une transition douce après la grandeur solennelle des palais.

J’avais dans l’idée de monter jusqu’au temple situé au sommet de la colline de Jingshan. Sur les photos, on distingue la foule déjà amassée là-haut ; le point de vue doit être splendide au moment du coucher du soleil. Mais la foule a eu raison de moi. C’est aussi ma première journée après un long vol, et la fatigue commence à se faire sentir. Je décide finalement de prendre le chemin du retour.

Je ne sais pas encore si je rentrerai en Didi ou à pied ; je ne me rends pas vraiment compte des distances ici. Je laisse la question en suspens et avance tranquillement. À la sortie de la Cité interdite, je prends le temps de m’arrêter quelques instants. Le soleil descend lentement et embrase la tour d’angle, baignée d’une lumière dorée.

Finalement, j’ai envie de profiter de cette première journée jusqu’au bout et j’opte pour la marche à pied jusqu’à mon hôtel. Je m’aide de l’application Amap pour me diriger, sur le même principe que Google Maps. L’itinéraire s’affiche clairement. Très vite, je reconnais la route qu’avait empruntée le Didi à l’aller : une longue avenue parfaitement droite.

Je marche d’un pas tranquille, porté par la douceur du soir. La fatigue est là, mais elle se mêle à une certaine satisfaction : celle de découvrir la ville à mon rythme, sans précipitation. Autour de moi, Pékin continue de vivre, indifférente à mon passage. Cette marche devient peu à peu le prolongement naturel de la journée, comme une transition apaisante avant le retour à l’hôtel.

J’arrive enfin à l’hôtel. Je monte dans ma chambre sans m’attarder davantage. Cette première journée a été dense, riche, presque irréelle par moments. Je me glisse sous les draps avec encore en tête les images de la Cité interdite et du soleil couchant. Le sommeil me gagne presque immédiatement, mettant un point final naturel à cette entrée en matière pékinoise.


2ème jour : Temple des Lamas - Les hutongs

Petit apparté et pas des moindre car j’ai perdu la plupart des vidéos et photos du 2e au 5e jour. J’ai pu en récupérer un peu, surtout des vidéos, malheureusement pas tout. Du coup, je vais vous partager les moments que j’avais déjà publiés pendant le voyage, ainsi que de nouveaux montages avec ce que j’ai pu sauver… et il y a quand même de très belles choses à découvrir. Comme quoi, l’essentiel des souvenirs reste intact !!!

Je suis vite tombée dans les bras de Morphée et j’ai dormi presque 9 heures. Une nuit vraiment bénéfique : je me sens d’aplomb, prête pour une belle journée de découverte. Ce matin, je prends le temps. Dans ma chambre d’hôtel, une bouilloire et quelques sachets de thé m’attendent. Je m’installe près de la fenêtre, profite du soleil et de la vue sur la rue qui s’éveille doucement. Un thé, quelques gâteaux… et simplement le plaisir de commencer la journée en douceur.

Je prépare mon sac à dos pour cette matinée de découverte. Au programme : le temple des Lamas, puis une balade dans les hutongs.

En sortant de l’hôtel, je cherche une petite boutique et m’achète une pomme. Dans la rue Jiadaokou East Street, je tombe sur une boulangerie. En vitrine, plusieurs pâtisseries me font très envie. Même si mon estomac est encore un peu patraque — et le restera quelques jours — je choisis une viennoiserie (8 yuan) qui ressemble à ce que je pourrais manger chez moi. Et c’est un vrai délice. J’y retournerai d’ailleurs avant de quitter Pékin. Je longe ensuite cette grande rue en m’imprégnant de l’ambiance. Je savoure le moment : le soleil brille et il ne fait pas trop froid.
J’arrive à une intersection et reconnais l’arrêt de métro Beixingiao où je suis arrivée la veille. Je tourne dans la rue Yonghegong Street, le temple des Lamas se trouve au bout. Sur les côtés, j’aperçois de petites ruelles : ce sont les hutongs. Je décide qu’au retour, je les emprunterai. J’apprécie cet instant où je me laisse porter par le moment.

J’arrive au temple des Lamas (雍和宫) et j’achète mon billet d’entrée sur place, pour 25 yuans. Après le passage de la sécurité, je découvre enfin les lieux. L’architecture me rappelle celle de la Cité interdite, avec ses couleurs et ses toits ornés de petites figurines, à la différence qu’il s’agit ici d’un site bouddhiste tibétain.

Le temple des Lamas

Je me promène dans l’un des plus grands temples bouddhistes tibétains, autrefois palais impérial et lieu de culte pour les empereurs de la dynastie Qing. J’observe les fidèles venus se recueillir, brûler de l’encens et prier. immédiatement, mettant un point final naturel à cette entrée en matière pékinoise. Je reste deux heures environ et ensuite je décide de découvrir les alentours.

Les Hutongs

Je m’engage dans l’un des hutongs, ces ruelles traditionnelles de Pékin qui remontent à plusieurs siècles. Autrefois, elles formaient de véritables quartiers de vie, organisés autour de maisons à cour intérieure. Leur nom viendrait d’un mot mongol signifiant “puits”, en référence aux points d’eau autour desquels ces quartiers s’organisaient. En m’y promenant, je découvre une autre facette de la ville, plus intime, presque hors du temps.


La rue Guozijian

J’emprunte la rue Guozijian pour rentrer vers l’hôtel. L’animation y est constante : des passants se croisent, des vélos filent, et quelques échoppes laissent échapper des odeurs sucrées. C’est ici que se trouve le temple de Confucius, que je visiterai à la fin de mon voyage.
Bordée de murs gris traditionnels et de portes rouges, la rue affirme pleinement son caractère historique. Sous les arbres, les feuilles aux teintes d’automne craquent légèrement sous les pas et ajoutent une touche presque paisible à l’agitation ambiante.
En chemin, je m’arrête pour acheter un bâtonnet de fraises caramélisées, encore brillant de sucre, que je croque en poursuivant ma route.


Voyage

Dans les coulisses d’un grand voyage


Réservation des billets d'avion (mars 2025)

Après avoir reçu un remboursement pour le retard de mon vol retour de Dubaï (Février 2025), j’ai pris la décision de réserver mes billets pour mon prochain voyage.

avion1


Comment voyager ? Quel itinéraire ? Comment réserver les hôtels ? Passer par une agence ou non ?

Pour préparer ce voyage, j’ai commencé comme beaucoup d’entre nous : en me plongeant dans une véritable avalanche de vidéos YouTube. J’ai regardé des films de voyageurs francophones et anglophones racontant leurs aventures en Chine, chacun avec sa sensibilité, ses émerveillements, ses surprises. Et au fil de leurs récits, j’ai découvert un élément auquel je ne m’attendais pas : l’existence d’applications absolument indispensables pour voyager en Chine.

Comme Trip, qui m’a été indispensable pour réserver mes hôtels et organiser certaines visites. Ou encore Alipay et WeChat, sans lesquels il est pratiquement impossible de payer quoi que ce soit sur place. J’ai aussi découvert Amap, l’équivalent chinois de Google Maps, mais en bien plus précis et fiable. Autant d’outils qui, très vite, se sont révélés essentiels pour préparer mon itinéraire et imaginer concrètement la façon dont j’allais voyager à travers le pays

En parallèle, je parcourais les programmes proposés par différentes agences de voyage. Aucun circuit ne correspondait exactement à ce que je recherchais, mais ils m’ont tout de même offert quelques pistes — notamment l’idée d’inclure Pékin et Xi’an dans mon itinéraire.

Au fond, j’avais aussi envie d’autre chose : me lancer à nouveau le défi de partir seule, comme je l’avais déjà fait pour d’autres destinations. Mes derniers voyages, à l’exception de Dubaï, s’étaient déroulés en petits groupes, rythmés par des randonnées et des activités organisées. Cette fois, j’avais envie de retrouver cette liberté simple mais exaltante : celle de créer mon voyage de A à Z, selon mes envies, mes intuitions, mes propres pas.

C’est ainsi qu’est né mon circuit : un mélange d’inspirations glanées au fil des vidéos, de quelques idées piochées dans les programmes d’agences, mais surtout d’une envie profonde de retrouver la liberté de voyager seule et de construire mon aventure à ma manière

Quelques infos

  • Assurance voyage : Heymondo
  • Assurance drone : Air courtage
  • Enregistrement du drone sur le site CAAC via china drone registration (obtention QR code)
  • Abonnement free 35 Go étranger pas besoin de VPN (tout à bien fonctionné)
  • Décalage horaire : + 7h
  • Température en novembre : entre 0° et 17° selon les régions
  • change : 1 euro = 8.20 CNY (environ)
  • Matériel utilisé pour les photos et les vidéos : canon R7 x 2 avec objectifs 100 – 400 mm et 24 – 105 mm, Gopro 12 avec stabilisateur Hohem iSteady Pro 4, DJI mavic 3 classic, trépié K&F concept
  • Quelques mots chinois : Nǐ hǎo (bonjour), Xièxiè (merci), Bù (non), Chá (thé), Shuǐ (eau), Bīng (froid), Rè (chaud), Bù là (pas épicé), Wǒ shì (je suis), piào (ticket), Huǒchē (train)…

Mon itinéraire

1 au 4 novembre : Pékin (3 nuits)

2 au 3 novembre : Jingshanling
(1 nuit au pied de la muraille de Chine)

4 au 7 novembre : Xi’an (3 nuits)

7 au 8 novembre : Wudang mountain (1 nuit)

8 au 9 novembre : train nuit
(Shiyan – Changsha)

9 au 12 novembre : Zhangjiajie
(2 nuits dans le parc + 1 nuit près de la gare)

12 au 13 novembre : Shangrao
(1 nuit pour la visite de la vallée de Wangxian)

13 au 14 novembre : Wuyishan
(1 nuit dans le parc national) 

14 au 15 novembre : Pékin (1 nuit)


Le départ

Le jour du départ était enfin arrivé après huit mois de préparation et d’attente. La veille, j’avais dormi à l’hôtel pour éviter la course du matin : un long trajet m’attendait. Je me suis enregistrée sur le site d’Etihad et ai choisi un siège côté hublot, mais je n’avais pas bien regardé la carte et me suis retrouvée au niveau de l’aile. L’heure approchant, j’ai déposé mon bagage en soute après m’être assurée qu’il n’y avait aucune batterie à l’intérieur, puis je me suis dirigée vers la douane et le contrôle du bagage cabine. J’étais un peu anxieuse car j’avais toutes mes batteries — y compris trois pour mon drone — mais tout s’est finalement bien passé. Je les avais mises dans des pochettes de sécurité et elles étaient déchargées. Il ne me restait plus qu’à attendre l’embarquement. L’avion a décollé et atterri à l’heure. Le départ de Zurich avait été décalé de 20 minutes, information connue bien avant la date, ce qui me laissait environ une heure trente pour la correspondance. Comme j’avais déjà fait escale dans cet aéroport, je le connaissais bien et savais qu’il était facile de s’y repérer. Avant le débarquement, j’ai pu voir sur mon écran la porte d’arrivée et celle du vol suivant : elles étaient relativement proches, mais je restais incertaine au sujet du contrôle des bagages. J’ai donc emprunté le parcours de transit, passé les formalités et le contrôle du sac cabine — encore une fois sans problème — puis rejoint la porte d’embarquement où il a fallu patienter un peu.

Mon vol pour Pékin a été parfait : départ et arrivée à l’heure. À la fin du vol, j’ai échangé quelques mots avec ma voisine, une jeune mariée de retour d’un beau voyage de noces à travers la France, l’Italie et la Suisse — une jolie introduction à mon propre voyage. J’ai voulu tester mon chinois, mais ma prononciation a vite trahi mes efforts ; après tant de mois sur Duolingo, je n’arrivais pas à me faire comprendre et je n’avais même pas encore mis le pied en Chine. J’en ri encore… Nous avons poursuivi la conversation, chacune essayant de parler la langue de l’autre, malgré toutes les difficultés que cela impliquait.. Je regrettais juste qu’elle ne soit pas assise à côté de son mari.

Juste avant d’arriver à Pékin, j’ai eu une petite frayeur lorsque l’avion a perdu un peu d’altitude. J’avoue que c’était la première fois que cela m’arrivait, alors que j’avais déjà pris l’avion plusieurs fois. C’est assez impressionnant… Heureusement, c’était en fin de vol.

À mon arrivée à Pékin, tout s’est enchaîné étonnamment facilement. Les formalités étaient clairement indiquées, si bien que je savais exactement où aller. Je m’étais renseignée avant le départ et je savais que je devais enregistrer mes empreintes sur une machine avant de passer la douane. Quant à la carte d’arrivée, je l’avais pré-remplie sur internet… pour finalement découvrir que le système n’était pas encore actif. Il ne serait mis en service que le 20 novembre, quelques jours après mon retour. J’ai donc rempli la fiche à la main, comme au bon vieux temps, avant de me présenter à la douane.

J’ai ensuite récupéré ma valise sur le tapis, intacte et fidèle au rendez-vous. En sortant, ma première action a été d’acheter une bouteille d’eau — un simple prétexte pour vérifier que ma carte enregistrée sur Alipay fonctionnait correctement. Soulagée de voir le paiement s’afficher sans problème, j’ai ensuite testé ma connexion Free. À ma grande surprise, j’avais bien accès à Facebook et aux applications que j’utilise quotidiennement. À ce moment-là, j’ai vraiment soufflé : j’étais à Pékin, connectée, et tout semblait s’annoncer pour le mieux.