7 et 8ème jour : au cœur du taoïsme, le mont Wudang


Train vers Shiyan

Ce matin, je me lève tôt et je quitte Xi’an avec beaucoup de souvenirs en tête. Je dois me rendre à la gare de Xi’an, située dans le centre-ville. Je l’avais repérée la veille, et elle ne se trouve finalement pas très loin de mon hôtel. Je décide d’y aller à pied : un peu de marche ne me fera pas de mal, surtout que le trajet en train va durer plus de six heures.

Cette fois, je ne prends pas de train rapide. Je n’en ai pas trouvé pour ma prochaine destination : Shiyan. Je ne sais pas encore exactement à quoi correspond un train “K”. Depuis Shiyan, je prendrai ensuite un bus local jusqu’à l’entrée du mont Wudang.

Comme dans toutes les gares, ma valise et mon sac à dos passent au scaner. tout est ok. Je suis un peu en avance, alors je décide de m’acheter des gâteaux et une boisson chaude en attendant. Je n’ai rien mangé à l’hôtel.

Le train est à l’heure, nous pouvons embarquer. Certains ont des sacs énormes portés sur leur dos comme dans un autre temps. Ils sont venus à la ville pour se réapprovisionner sans doute. Je ne sais pas encore mais je vais traverser une Chine plus rurale et même dans le train je vais le ressentir. Rien à voir avec les trains « g » rapides, l’embiance est différente, certains se disputent. Cela ne dure pas un contrôleur intervient et ils se calment. On y fument, pourtant je suis assise en face de l’écritaux « non fumeur ». On crache aussi, là aussi il y a un écritaux. On me regarde, je suis la seule étrangère. J’avoue je ne suis pas à l’aise. 

horaires
trains_vers_Shiyan5
train_vers_Shiyan4
20251107_111043_1
train_vers_Shiyan2
train_vers_Shiyan3


Bus 202 gare de Shiyan vers Wudangshan

Arrivée à la gare de Shiyan après six longues heures de train, je pars aussitôt à la recherche de l’arrêt de bus pour rejoindre Wudangshan. J’ai trouvée cette information sur internet. À peine sortie, un chauffeur de Didi m’aborde. Je décline et lui demande plutôt mon chemin. Il marmonne quelque chose, visiblement contrarié, sans vraiment m’aider.

Je tourne un moment autour de la gare, un peu perdue. Je ne trouve pas d’indication. Au bout de quelques minutes, je décide de sortir mon téléphone et d’ouvrir Amap. L’application m’indique le bus 202, ainsi que l’itinéraire précis pour y accéder.

Je suis les indications et finis par trouver l’arrêt… non sans avoir fait tout le tour de la gare.

Le bus est là. Je m’approche, mais le chauffeur m’indique qu’il faut payer 4 yuan en espèces. Il me montre une petite boutique juste à côté. Visiblement, il a l’habitude. La vendeuse accepte de m’aider à faire l’appoint, et je peux enfin monter à bord.

Le trajet dure un peu plus d’une heure. Le bus est simple, local comme on en trouve en France. Je m’installe et suis le parcours en temps réel sur l’application. Chaque arrêt s’affiche, ce qui me rassure et me permet de ne pas me tromper.

bus_wudang


Aux portes de Wudangshan

L’arrêt pour Wudangshan est le terminus. Je descends du bus et dois faire rouler ma valise sur des pavés, en montée de surcroît. L’accueil est rude, mais devant moi se dresse une immense porte monumentale : aucun doute, je suis bien arrivé au pied du mont Wudangshan.

Je ne perds pas de temps. Je pars aussitôt à la recherche de l’entrée afin d’acheter mon billet. Une autre préoccupation m’attend : trouver la consigne à bagages dont j’avais lu l’existence. Inutile de m’encombrer pour l’ascension. Je ne garde avec moi que le strict nécessaire pour deux jours, puisque je dormirai une nuit sur place.. 

entrée_wudang


Wudangshan, la voie taoïste de l'harmonie

Nichée dans la province du Hubei, Wudangshan est l’une des montagnes sacrées du taoïsme chinois et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, la spiritualité s’exprime dans une profonde harmonie entre la nature, les temples et les arts martiaux.

Contrairement à Shaolin, marqué par la discipline et l’effort, Wudangshan incarne une approche plus intérieure et contemplative. Le taoïsme y enseigne le wu wei, « agir sans forcer », une manière de s’accorder aux rythmes naturels plutôt que de lutter contre eux.

La montagne elle-même semble vivante : temples et escaliers épousent les reliefs, intégrés au vent, à l’eau et à la lumière. Dans cet environnement, les arts martiaux internes occupent une place centrale, en particulier le taiji quan, souvent perçu ici comme une méditation en mouvement. Les gestes sont lents, circulaires, guidés par la respiration et la circulation du Qi, cherchant l’équilibre entre yin et yang.

À Wudangshan, la force ne s’impose pas : elle se transforme. Le corps devient un espace de circulation plutôt qu’un outil de contrainte, et l’objectif n’est pas la victoire, mais l’équilibre, la santé et la clarté de l’esprit.

Plus qu’un lieu d’arts martiaux, Wudangshan est un chemin de sagesse : apprendre à ralentir, écouter et s’accorder au monde.

Tai-chi Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025


Sur la route de Qiongtai

Après avoir payé mon billet d’entrée tout compris (environ 272 yuans), je prends un bus pour rejoindre Qiongtai, où je passerai la nuit avant les visites du lendemain. Le trajet n’est pas direct et je dois changer de bus en cours de route. Je demande mon chemin, et l’on m’indique celui qui me mènera à ma destination finale de la journée.

C’est une bonne journée pour voyager : la pluie accompagne le paysage et donne une atmosphère particulière aux lieux. Après quelques kilomètres à travers les lacets les montagne de Wudang, j’arrive enfin à ma première étape.

Sur la falaise apparaît une immense inscription rouge : “Première montagne”. Dans la brume, elle semble annoncer l’importance sacrée des lieux..

20251107_191404
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025

Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, je pars faire un premier tour des environs du centre. Je cherche le restaurant de l’établissement, sans succès — je le découvrirai finalement le lendemain matin.

Je me promène dans le jardin, où j’aperçois un homme en train de pratiquer le tai chi. Ses mouvements lents et fluides semblent parfaitement en accord avec le calme des lieux.

Je termine ma petite exploration en achetant un bol de nouilles à préparer simplement avec de l’eau chaude. Il me reste encore quelques gâteaux pour compléter mon repas improvisé.

Je regagne ensuite ma chambre pour me reposer, avec l’esprit déjà tourné vers la journée qui m’attend le lendemain.

Mon hôtel à Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Téléphérique de Qiongtai dans la brume - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025


Mon hôtel à Qiongtai

J’ai choisi de passer la nuit à Qiongtai afin d’être au plus près du téléphérique et de commencer ma journée de visite tôt, avant l’arrivée de la foule. La chambre s’intègre bien à l’ambiance du lieu, avec un style authentique que je recherchais justement pour cette étape. Même si elle fait partie des hébergements les plus chers de mon voyage (environ 50 euros la nuit avec petit-déjeuner, réservé sur Trip), elle offre un bon compromis entre confort et emplacement idéal.

Mon hôtel à Qiongtai


Ascenssion au Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Le jour se lève à peine lorsque je me réveille. Finalement, je trouve assez rapidement la salle du petit-déjeuner. Au menu, un repas typique : une soupe de nouilles accompagnée de thé. Simple, chaud et parfait pour commencer la journée.

Je retourne ensuite dans ma chambre pour préparer mon sac à dos en vue de l’ascension. Puis je me dirige vers l’entrée du téléphérique de Qiongtai. Il n’est pas encore ouvert. J’en profite pour prendre quelques photos : les couleurs du matin sont bien différentes de celles de la veille au soir.

Les immenses portes rouges finissent par s’ouvrir. J’achète mon billet (150 yuans) puis me dirige vers l’embarquement. Je m’installe seule dans la cabine ; à cette heure matinale, nous sommes encore très peu nombreux.

Pendant les quelques minutes de montée, j’admire le paysage. Le ciel est chargé de nuages, mais je distingue malgré tout les reliefs des montagnes de Wudang qui émergent dans la brume.

Vue sur les montagne autour de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Entrée pour le téléphérique de Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025
Téléphérique et montagne de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Jardin de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Arrivé en haut du téléphérique, je commence à gravir les marches. Le sommet se devine à peine, enveloppé dans une épaisse brume. À travers le voile gris, j’aperçois par moments quelques bâtiments aux teintes rouges, surgissant presque mystérieusement du paysage. Des stèles de pierre jalonnent le chemin, leurs inscriptions à demi effacées semblant murmurer l’histoire ancienne du lieu.

J’apprécie pleinement cet instant dans ce lieu chargé de spiritualité, et la météo semble parfaitement s’y accorder. La brume, les feuilles tombées sur les marches humides, le silence ambiant… tout renforce le caractère authentique et intemporel de l’endroit.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Montée vers le Palais d'or

J’arrive sur une sorte de place où se trouvent déjà quelques personnes. Des barrières ont été installées pour canaliser la foule lors des périodes d’affluence, mais à cette heure-ci, l’endroit est presque désert.

Un homme allumait les bougies près des brûleurs d’offrandes. Sur le moment, je n’ai pas vraiment compris ces gestes. J’apprendrai plus tard qu’il préparait simplement les lieux pour les prières et les offrandes des visiteurs.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le rituel

Je traverse cette place et m’engage dans un escalier. Des sons viennent soudain capter mon attention. Je devrais continuer tout droit, mais quelque chose m’appelle ailleurs.

Je quitte le parcours et descends quelques marches. J’arrive devant un autel où plusieurs pratiquants taoïstes sont rassemblés. J’assiste, à distance, à un rituel du matin : des prières récitées, rythmées par le son des tambours.

Peu à peu, je me laisse envelopper par cette atmosphère. Le rythme, les voix, la résonance des sons dans l’air… tout semble suspendre le temps. Je reste là, à l’extérieur, à écouter quelques minutes.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je m’éloigne doucement de l’autel, comme à regret, et je retrouve le chemin principal. Les sons du rituel s’estompent peu à peu derrière moi, remplacés par le silence de la montagne. 

Je reprends mon ascension. Les marches s’enchaînent, toujours enveloppées dans la brume. Puis, progressivement, le voile gris se dissipe. La lumière revient, et le paysage s’ouvre enfin. La vue se dégage sur la vallée, profonde et silencieuse, où les reliefs se dessinent à perte de vue.

Par moments, quelques toits aux teintes rouges apparaissent encore, accrochés à la montagne. L’air se fait plus frais, l’atmosphère presque irréelle. Après cette montée dans la brume, ce changement offre une toute autre perspective. Un instant suspendu, juste avant d’atteindre le sommet

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Encore quelques marches, et me voilà arrivée face au Palais d’Or. J’ai atteint le sommet. 

Des pèlerins se succèdent, certains se prosternent devant le temple, d’autres déposent des offrandes dans un silence respectueux. L’atmosphère est à la fois solennelle et apaisante.

Ce palais, entièrement recouvert de bronze doré, est dédié à Zhenwu (ci-dessus), figure majeure du taoïsme. Il symbolise l’aboutissement d’une quête, autant spirituelle que physique : atteindre ce point, c’est aussi s’approcher d’un équilibre entre le ciel et la terre, entre le corps et l’esprit.

De part et d’autre de l’escalier, deux grues se dressent, symboles de longévité et de sagesse, comme un discret lien entre le monde terrestre et le monde céleste.

Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je contourne le Palais d’Or et poursuis mon chemin. Très vite, les chaines se couvrent de cadenas de vœux et de rubans rouges, noués les uns aux autres. Chacun semble porter un souhait, une pensée, un espoir discret confié à la montagne. Ces rubans rouges, emportés par le vent, guident le regard jusqu’à un arbre majestueux, juste avant la descente.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Je quitte le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Au sommet, prête à entamer ma descente, je prends le temps de m’arrêter. Le calme qui règne ici invite à savourer l’instant. La brume s’efface peu à peu, dévoilant les paysages alentour. Les reliefs apparaissent progressivement, comme si la montagne se révélait enfin. Je reste là quelques instants, à admirer la vue et à m’imprégner de ce lieu emblématique, suspendue entre silence et immensité.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Sur le côté de l’escalier, une petite échoppe attire mon attention. On y propose quelques plats simples et de quoi se restaurer.. Je m’arrête avec l’idée de prendre un café, mais je me laisse finalement tenter par un thé au gingembre. Dans ce lieu, le thé s’impose presque naturellement… et je découvre que je l’apprécie bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je me dirige ensuite vers le téléphérique pour redescendre à Qiongtai, laissant peu à peu le sommet derrière moi. De là, je prendrai un bus pour poursuivre ma visite.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Temple Qiongtai Zhongguan

Avant de partir, je fais un détour par le temple de Qiongtai Zhongguan, niché au pied du pic Tianzhu, comme une dernière étape avant de quitter ce lieu.

Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple


Le Temple Fuzhen Taizipo

Le bus me conduit jusqu’au temple de Fuzhen Taizipo. À cet endroit se trouve une grande esplanade où arrivent les différents bus du site, comme une petite station au cœur de la montagne.

J’emprunte ensuite le chemin qui mène au temple. Peu à peu, l’atmosphère change. J’arrive devant une arche et, à travers son encadrement, j’aperçois les bâtiments épouser parfaitement les reliefs de la montagne. Le rouge vif des façades domine le paysage, contrastant avec le vert profond des toits et de la végétation environnante.

Fuzhen_Taizipo
Fuzhen_taizipo1
Fuzhen_taizipo4
Fuzhen_taizipo3
Fuzhen_taizipo13v
Fuzhen_taizipo14v
Fuzhen_taizipo15v

Je découvre que même les gestes des mains ont une signification précise. Dans le rituel taoïste “Zi Wu”, chaque position accompagne la méditation et symbolise l’harmonie entre les différentes énergies.

Fuzhen_taizipo6
Fuzhen_taizipo7
Fuzhen_taizipo8
Fuzhen_taizipo9
Fuzhen_taizipo16v


Nanyan Palace

Je redescends ensuite vers l’esplanade, admirant une dernière fois l’architecture des bâtiments qui, sous cet angle, donne encore davantage de charme au lieu.

Je reprends un bus qui serpente à travers les montagnes jusqu’à atteindre Nanyan Palace. À mon arrivée, une altercation semble opposer deux hommes — une scène assez surprenante dans un endroit aussi paisible. Je n’y prête finalement pas plus attention et poursuis mon chemin.

J’emprunte alors un sentier qui monte progressivement, avec en toile de fond la silhouette du Palais d’Or dominant les sommets de la montagne.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

Je distingue un temple sans savoir qu’il s’agit en fait du Palais Nanyan. Suspendu à la falaise, il semble défier le vide et se fondre dans la montagne. Détruit sous la dynastie Yuan, il fut reconstruit en 1412 durant le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

J’arrive à une intersection. Par ici, il y a moins de monde. Je prends à droite sans vraiment savoir où je vais et me retrouve sur un chemin menant à une grotte abritant une statue de Zhenwu. Je suis seule, seulement accompagnée par le son d’une musique douce. L’endroit est apaisant.

Dans le taoïsme, on ne s’élève pas vers le ciel sans avoir d’abord traversé l’obscurité. Cette statue nichée dans la grotte semble en être le reflet.

Nanyan - The cave of Zhenwu
Nanyan - The cave of Zhenwu

Après cette belle découverte, sans âme qui vive, je retourne à l’intersection et prends l’autre chemin qui mène vers un autre palais, toujours accompagnée par cette musique douce. Je rebrousse ensuite chemin avant de réaliser que je n’ai finalement pas vu le palais. Je repars donc dans l’autre direction et finis par trouver la voie qui y mène.

Je descends des marches — encore des marches — puis j’arrive au pied d’une immense tortue portant une colonne autour de laquelle s’enroule un serpent.

Dans le taoïsme, la tortue et le serpent sont étroitement liés à Zhenwu, le Guerrier Véritable. La tortue symbolise la stabilité, l’ancrage et la longévité. Le serpent, lui, représente le mouvement, la transformation et l’énergie vitale. Ensemble, ils incarnent l’équilibre entre la force tranquille et le changement perpétuel, entre la terre et le flux de la vie.

Ici, la tortue semble soutenir le monde tandis que le serpent s’élève vers le ciel. Une image qui rappelle qu’avant de s’élever spirituellement, il faut d’abord trouver son équilibre intérieur et s’ancrer profondément.

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le Palais Nanyan

J’arrive enfin au Palais Nanyan, je longe les murs, il est vraiment perché sur la falaise. Je me demande comment ils ont pu construire un tel bâtiment. On peut voir quatre caractères chinois rouges sur la falaise, à savoir « longévité (寿) », « fortune (福) », « santé (康) » et « paix (宁) ».

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan

Sur ma route, je croiserai quelques oiseaux. Leurs chants résonnent doucement dans la montagne et accompagnent mes pas, comme s’ils faisaient eux aussi partie de l’harmonie paisible du lieu.

le palais Nanyan
le palais Nanyan
le palais Nanyan


Temple des Nuages Pourpres

Il me reste encore le Temple des Nuages Pourpres, aussi appelé Palais Zixiao, à découvrir. Je reprends le bus en direction de cette nouvelle visite. Que me réserve encore ce temple ? Ce sera le dernier de mon voyage à Wudang.

Le Palais Zixiao, aussi appelé Temple des Nuages Pourpres, est l’un des temples taoïstes les plus importants et les mieux préservés du massif de Monts Wudang. Niché au cœur des montagnes, il fut construit sous la dynastie Song puis largement reconstruit sous les Ming, à l’époque où les monts Wudang devinrent un haut lieu du taoïsme impérial.

Son nom évoque les nuages violets considérés dans la tradition chinoise comme un signe d’harmonie céleste et de bon augure. Le temple était autrefois un important centre spirituel où les maîtres taoïstes pratiquaient la méditation, les rituels et les arts internes liés à Zhenwu, divinité protectrice des monts Wudang.

 le Palais Zixiao dégage une impression de sérénité presque hors du temps. C’est un lieu où l’architecture semble se fondre naturellement dans la montagne, fidèle à l’esprit taoïste qui recherche l’harmonie entre l’homme et la nature.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

J’assiste à une sorte de procession, un groupe apporte des offrandes à Zhenwu. Tambours, prières et fumée d’encens accompagnent ce moment solennel. Sans vraiment le chercher, je participe moi aussi à la vie de ce lieu, simple témoin d’une tradition encore bien vivante.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

Je jette un dernier regard au Temple des Nuages Pourpres, encore une belle découverte où les traditions semblent traverser le temps sans jamais disparaître. Je reprends le bus pour un dernier arrêt avant la fin de la journée. Cette fois, pas de temple au programme et, à vrai dire, je ne sais pas vraiment où je vais. La route serpente encore dans les montagnes de Wudangshan, laissant place à une certaine curiosité mêlée d’incertitude.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan


La Vallée de Xiaoyao

Je suis maintenant dans la vallée de Xiaoyao. Je traverse une passerelle au-dessus d’une rivière où l’eau s’écoule doucement entre les pierres. Puis, soudain, j’entends des voix d’enfants et je me dirige naturellement vers elles.

Il semble s’agir d’un entraînement. Je m’assois un instant sur un banc et les regarde exécuter, chacun à leur niveau, différentes figures avec application mais sans pression. Certains répètent les mêmes mouvements encore et encore pendant que d’autres observent attentivement leur professeur. L’ambiance est simple, calme et sincère.

Quel beau final pour cette journée de découverte au cœur de Wudangshan.

Xiaoyao - singe
passerelle
Xiaoyao - arts martiaux
Xiaoyao
Xiaoyao

Au détour du chemin, une étrange statue attire mon regard. Un homme semble maîtriser un buffle noir lancé dans un mouvement presque sauvage. Peut-être une référence aux légendes taoïstes ou à Laozi, souvent représenté sur un bœuf. Ici, même les statues semblent raconter des histoires dont je ne possède qu’une partie des clés.

Xiaoyao - statue

Le clou du spectacle arrivera un peu plus tard. J’assisterai à une violente dispute entre plusieurs singes. Je suppose qu’il s’agit d’une mère protégeant son petit face à un mâle plus dominant. Les cris résonnent dans toute la vallée et l’agitation contraste soudainement avec le calme qui régnait quelques instants plus tôt.

La scène est impressionnante, presque brutale, mais rappelle aussi que la nature autour de Wudangshan reste totalement vivante et imprévisible.

Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe


Retour à la réalité

Il est temps pour moi de quitter ce lieu avec plein de souvenirs en tête. Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis mon arrivée et pourtant j’ai l’impression d’avoir vécu bien plus. J’ai vu tant de choses que je pense me souvenir longtemps de Wudangshan.

J’y ai trouvé tout ce que je cherchais, et même davantage : des temples accrochés à la montagne, des paysages paisibles, des traditions taoïstes encore vivantes, des entraînements d’arts martiaux et même des singes venus conclure cette aventure de façon inattendue.

Je reprends finalement un bus en direction de la sortie. Je ne crois même pas avoir pris le temps de manger avant de quitter le site. Ce sera un arrêt dans un McDonald’s qui me ramènera brutalement à la réalité après cette parenthèse hors du temps. Puis viendra le moment de rejoindre la gare pour embarquer dans un train de nuit vers ma prochaine destination.

Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Wudangshan
Wudangshan
Wudangshan - la porte
Wudangshan


Cartes de Wudangshan

Carte de Wudangshan
Carte de Wudangshan - map of Wudangshan


Vidéo et short YouTube

Une parenthèse hors du temps que je ne suis pas prête d’oublier !!!

Shaolin et Wudangshan semblent opposés, mais ces deux montagnes sacrées poursuivent la même quête intérieure. L’une enseigne la maîtrise par l’effort, l’autre l’harmonie par le relâchement. Deux chemins différents, mais une même recherche d’équilibre entre le corps, l’esprit et la nature.