4ème jour : direction Xi'an
Aujourd’hui, je quitte Pékin en direction de Xi’an, en train. Il me reste encore tant à découvrir, et l’impatience commence à monter.
Je commande un Didi pour rejoindre la gare de Pékin Ouest. Comme c’est une première pour moi, je préfère prévoir large — difficile de savoir à quoi m’attendre, surtout avec la circulation. Finalement, j’arrive largement en avance.
À l’entrée, premier contrôle : bagages scannés, passeport vérifié. Une fois dans le hall, je scrute le panneau d’affichage jusqu’à repérer mon train et ma porte d’embarquement. Et là, surprise : tout fonctionne comme dans un aéroport. Contrairement à chez nous, impossible d’accéder directement aux quais. Il faut patienter dans une salle d’embarquement dédiée, puis présenter à nouveau son passeport pour passer le contrôle. Un espace est même réservé aux étrangers.
Une fois sur le quai, les choses se compliquent un peu. Des marquages au sol indiquent où s’arrêtera chaque wagon, mais malgré mes efforts, je peine à m’y retrouver. Je finis par demander de l’aide… et, pour être honnête, je ne suis toujours pas certaine d’avoir vraiment compris le système.




À mon arrivée à la gare de Xi’an Nord, je prends quelques instants pour m’orienter avant de trouver le chemin vers le métro. Je repère rapidement comment obtenir le QR code nécessaire pour circuler à Xi’an et l’active sur mon téléphone. Une fois le code scanné, j’accède sans difficulté au réseau. Je sais déjà que je dois rejoindre la station Anyuanmen. Le trajet dure une vingtaine de minutes, le temps pour moi de reprendre doucement mes repères dans cette nouvelle ville.

À mon arrivée à la station Anyuanmen, je fais mes premiers pas dans Xi’an. En sortant du métro, l’ambiance change immédiatement : une nouvelle ville, une nouvelle énergie. Je prends quelques instants pour m’orienter, téléphone à la main, afin de rejoindre mon hébergement. Je me trouve sur une grande artère, avec un flux continus de circulation. Rien à voir avec les petites rues : ici, tout semble plus ouvert, plus structuré. Le trajet jusqu’à mon logement se fait tranquillement, le long de cet axe imposant. J’arrive enfin à destination (Sanjian Homestay), prête à poser mes affaires et à partir explorer.
À la réception, la communication n’est pas évidente : la réceptionniste ne parle pas anglais. Malgré tout, nous parvenons à nous comprendre avec quelques gestes et un peu de patience. Je lui tends mon passeport pour l’enregistrement, puis elle m’accompagne jusqu’à ma chambre. Je prends enfin possession des lieux. Mon premier réflexe est immédiat : me diriger vers la fenêtre. Et là, aucune déception — la vue sur les remparts de Xi’an est bien là. L’hôtel se situe juste à l’extérieur, à environ 200 mètres. J’avais réservé une chambre avec vue, et je ne regrette pas. J’imagine déjà le spectacle une fois la nuit tombée.
La chambre est confortable et agréable dans l’ensemble. Un détail vient toutefois ternir un peu l’expérience : une odeur persistante de cigarette. Je n’avais pas fait de demande particulière, et je suppose que cela provient des conduits ou de la climatisation. Je pourrais demander à changer de chambre, mais pour seulement trois nuits, je décide de m’en accommoder… même si, je dois l’admettre, l’odeur est assez marquée.







Des rues animées
Je pars à la découverte de Xi’an et me dirige, pour commencer, vers les remparts. J’ai lu sur internet qu’il est possible de les parcourir à vélo, tant ils sont vastes.
En chemin, des sons attirent rapidement mon attention. Une musique douce flotte dans l’air. Je me rapproche d’un parc et découvre des personnes en train de danser au rythme des enceintes posées au sol. Je m’avance encore un peu pour profiter de cette ambiance qui me plaît tant. La lumière est encore vive, mais déjà adoucie par les arbres du parc.
Et non, je ne les ai pas rejoints pour danser. J’observe. Les gestes, les bras, les mains, les doigts… tout est en harmonie. Les mouvements sont lents, précis, presque hypnotiques. C’est doux, apaisant. Je reste un moment à les regarder, portée par cette atmosphère paisible, puis je poursuis ma route. Un peu plus loin, je découvre un autre groupe, plus petit cette fois, évoluant comme dans une véritable chorégraphie. Les pas sont parfaitement synchronisés, comme répétés mille fois. Là encore, je m’arrête, m’imprègne de la musique et les observe.
Les remparts
Je poursuis ma route après cet intermède fort agréable, à la recherche d’une entrée pour accéder aux remparts. Je finis par en trouver une et achète un ticket sur place, n’ayant rien réservé à l’avance.
Devant moi se dresse un grand escalier de pierre. Mon regard est aussitôt attiré par une femme vêtue de rouge, ombrelle à la main, posant pour des photographies. En levant les yeux, j’aperçois, en haut des remparts, de nombreuses personnes en habits traditionnels, se prêtant au jeu des photographes. La scène a quelque chose d’irréel, comme un décor vivant suspendu au-dessus de la ville.
Arrivée en haut des remparts, je marque un court arrêt. Le regard balaie l’espace, à la recherche des vélos dont j’avais entendu parler. Sans trop hésiter, je choisis une direction et commence à avancer, curieuse de découvrir ce qui m’attend plus loin.
Je marche sur une longue portion, absorbée par le contraste entre ces pierres anciennes, chargées d’histoire, et la ville moderne qui s’étend de part et d’autre. Sous mes pieds, les dalles irrégulières racontent le passage du temps, tandis que les tours, imposantes, se dressent à intervalles réguliers, comme des points de repère immuables. Le regard se perd au loin, suivant cette ligne fortifiée qui semble ne jamais s’arrêter.
Construits à l’époque de la dynastie Ming, ces remparts comptent parmi les mieux conservés de Chine. En les parcourant, j’imagine les soldats qui autrefois surveillaient l’horizon depuis ces mêmes hauteurs. Aujourd’hui, les vélos ont remplacé les gardes, mais le lieu semble avoir conservé quelque chose d’intact.
Après une bonne demi-heure de marche, je finis enfin par trouver les vélos. Soulagement. Je vais pouvoir parcourir ces 13 kilomètres et faire le tour complet des remparts.
La nuit commence doucement à tomber. Peu à peu, les lumières s’allument, révélant une toute autre facette des lieux. L’atmosphère change, devient presque irréelle… plus mystérieuse, comme si l’histoire reprenait vie sous mes yeux. Je pédale le long des murailles, le bruit régulier des roues sur les pavés résonnant sous moi, presque hypnotique. Ce rythme accompagne ma progression et renforce cette sensation d’être hors du temps.
J’avance ainsi jusqu’à atteindre un passage où je dois laisser mon vélo. Impossible de continuer. Je descends, traverse à pied, puis récupère un autre vélo de l’autre côté. Je repars alors, retrouvant peu à peu ce même rythme, pour boucler finalement ce tour. 100 m avant d’arriver à mon point de départ, je réalise mon erreur : les vélos se trouvaient en réalité dans l’autre sens, bien plus proches que je ne l’imaginais. Un léger sourire me vient en comprenant que j’aurais pu les trouver en quelques minutes.
Quel moment, encore une fois… différent de tout ce que j’ai pu vivre auparavant. Une fois de plus, j’apprécie pleinement. Je voyage à travers la vie telle qu’elle est aujourd’hui, tout en ayant le sentiment de plonger dans celle d’il y a des centaines d’années… comme un véritable voyage dans le temps.
Mais il est temps de reprendre des forces.
Je m’arrête un peu au hasard dans un petit restaurant rapide, une sorte de fast-food chinois. Pas besoin de parler la langue : les photos des plats font très bien l’affaire — facile, efficace… et ça me fait sourire. Je commande des Biangbiang noodles, accompagnées d’une bière, puis je m’installe à une table. Le plat arrive rapidement. Visuellement déjà, il est très appétissant… et à la première bouchée, c’est un vrai régal.
Alors que je profite de ce moment, je remarque une dame d’un certain âge qui m’observe. Son regard passe de ma bière à moi, avec une certaine insistance… comme une forme de désapprobation silencieuse. Une femme seule en train de boire une bière, ce n’est sans doute pas si courant ici. Je n’y prête pas plus d’attention et continue de savourer mon repas.
Rassasiée, je reprends finalement le chemin de l’hôtel, prête à m’offrir une bonne nuit de sommeil après cette journée riche en découvertes.

