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Voyage

Zhangjiajie – 72 Strange Builgings (72 Qilou)


Nuit du 10ème jour : Zhangjiajie logement en ville


Hôtel près de la gare de Zhangjiajie ouest

Le chauffeur me dépose ensuite près de mon logement et se renseigne pour m’aider à le trouver. Il me montre plusieurs bâtiments en me disant que c’est là. Je le remercie avant de partir à la recherche de mon hôtel… qui n’en est finalement pas vraiment un.

Il s’agit en réalité d’une chambre située dans un immeuble, et je n’avais pas vu qu’un message m’avait été envoyé via le site de réservation. Après l’avoir lu, tout devient plus clair et je reçois les indications nécessaires. J’envoie un message une fois devant la porte, et quelques minutes plus tard, une dame arrive pour m’accueillir et me montrer ma chambre. La nuit me coûte un peu moins de 16 euros, ce sera l’hôtel le moins cher de mon circuit.

Hôtel Weixin Chinese Inn - salle de bain
chambre
Hôtel Weixin Chinese Inn
Hôtel Weixin Chinese Inn - vue de la chambre


72 Wonder Tower - 72 Qilou

Comment décrire 72 Wonder Tower ? C’est un immense complexe culturel et touristique où se mélangent architecture traditionnelle Tujia, spectacles, artisanat, expositions culturelles, restaurants et animations nocturnes. Un lieu pensé pour émerveiller, entre culture locale et mise en scène moderne.

Après deux journées passées au cœur de la nature — sans compter mon passage à Wudang — ce changement d’ambiance me donne envie. J’aime ces contrastes entre calme et agitation, montagnes et lumières, silence des sentiers et animation des villes. Même si le lieu est très touristique, ma curiosité l’emporte et je décide d’y aller.

Je commande donc un Didi. Surprise : le trajet coûte nettement plus cher qu’ailleurs. Tant pis, je valide quand même la course, curieuse de découvrir ce que ce lieu si particulier me réserve.

72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie

Exposition culturelle sur le site de 72 Wonder Tower

72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie

A l'extérieur de 72 Wonder Tower

Je décide finalement de rentrer au logement à pied. Je longe le grand boulevard, une longue ligne droite au milieu des lumières et de l’animation de la ville. Après ces journées passées dans les montagnes, cette marche offre encore une ambiance totalement différente, plus urbaine, mais tout aussi intéressante à observer.

72 Wonder Tower - Zhangjiajie
72 Wonder Tower - Zhangjiajie
Zhangjiajie ville
Zhangjiajie ville

Voyage

Xi’an : Armée de terre cuite & Grande Pagode


5ème jour : Xi'an visite de l'armée de terre cuite et visite du quartier de la pagode des oies sauvages


L'armée de terre cuite

Une nouvelle journée commence. Ce matin, une armée m’attend… de celles qui impressionnent, qui interrogent.

Pas de temps à perdre. Je bois un thé et grignote quelques gâteaux achetés la veille à la gare. Une fois de plus, je prends un DiDi pour me rendre directement sur le site de l’armée de terre cuite. Le lieu est assez éloigné de mon hôtel et je préfère éviter les transports en commun. J’ai désormais pris le coup de main avec l’application — finalement, c’est devenu presque trop facile… ça me fait sourire. La voiture arrive rapidement malgré la circulation, et nous prenons la route en direction des célèbres guerriers.

Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu. Le chauffeur semble hésiter et tente de me déposer au mauvais endroit. Heureusement, un garde intervient et lui indique l’entrée réservée aux visiteurs.

J’ai réservé mon billet pour le créneau de 8h30 à 9h30 sur Trip.com (14,38 €). Malgré l’heure matinale, il y a déjà beaucoup de monde. Comme souvent en Chine, je passe par un portique de sécurité et mon sac à dos est scanné. À l’entrée, je prends des écouteurs avec audioguide, moyennant une caution qui me sera restituée plus tard.

La visite peut enfin commencer. J’entre dans la première fosse. Il y a déjà énormément de monde, presque une bousculade pour atteindre les premières places. Les visiteurs jouent des coudes, chacun cherchant à apercevoir au mieux ce qui se cache devant nous. Je parviens à me faufiler, centimètre par centimètre… et là, le choc. Ils sont face à moi.

Des rangées entières de soldats, immobiles, silencieux, mais d’une présence saisissante. Je reste un instant figée, impressionnée par leur nombre, par le souci du détail… aucun ne se ressemble. Chaque visage semble porter une expression, une histoire. Ils sont alignés, prêts à défendre, comme suspendus dans le temps depuis des siècles.

Tout cela pour accompagner Qin Shi Huang dans l’au-delà… Un empereur qui refusait de traverser l’éternité seul. Cette idée me dépasse presque. Jusqu’où peut aller l’imagination — ou le pouvoir — pour défier la mort ?

Je reprends mes esprits et commence à les photographier presque frénétiquement. Les gens passent, bougent, gênent la vue… mais avec un peu de patience, je parviens tout de même à capturer quelques clichés.

Cet archer est considéré comme l’un des trésors du musée. L’un des mieux conservés. Le niveau de détail est impressionnant, jusque dans la semelle de ses chaussures. Face à lui, je prends le temps d’observer. Rien n’est laissé au hasard. Tout a un sens. La posture d’abord, précise, presque vivante. Puis les vêtements, finement sculptés, qui laissent deviner les plis du tissu. La coiffe, le port de tête… chaque élément raconte quelque chose du rang ou du rôle du soldat. Et ce réalisme me surprend.

Toutes ces statues sont grandeur nature, ce qui les rend encore plus troublantes. On oublie presque qu’il ne s’agit que d’argile.

Au final, j’aurai passé toute la matinée sur le site. J’avais prévu d’y rester deux heures à peine, puis de courir attraper un train pour rejoindre le Mont Hua. Mais dès mon entrée dans la première salle, j’ai compris que ce programme ne tiendrait pas.

Je me suis arrêtée. J’ai pris le temps. Observer cette armée, mesurer le travail accompli, ressentir le poids de l’histoire… tout cela ne se survole pas. Ce lieu impose le respect, il ralentit naturellement le pas.

Le Mont Hua a lui aussi son histoire, bien sûr. Mais ce jour-là, il ne s’agissait plus de cocher une étape de plus. Voyager, parfois, c’est renoncer. Renoncer à vouloir tout voir. À vouloir aller vite. Accepter de rester, simplement, là où quelque chose se passe.

Je ne pouvais pas quitter cette armée aussi rapidement. Le Mont Hua attendra. Peut-être pour une autre fois.

À la sortie, je prends le temps de traverser l’allée des échoppes. Après cette matinée hors du temps, le retour à l’agitation est presque surprenant.

La faim se fait sentir. Une odeur attire immédiatement mon attention. Chaude, épicée, irrésistible. C’est le Roujiamo, ce pain farci à la viande de porc, spécialité locale. Je n’hésite pas longtemps.

Je m’arrête, j’observe les gestes rapides, précis… puis je croque. Le pain est croustillant, la viande savoureuse, parfumée. Simple, mais terriblement efficace. Pour accompagner le tout, je prends un jus rouge. Une saveur inconnue, légèrement acidulée — une sorte de baie, peut-être. Je ne sais pas vraiment ce que je bois, mais peu importe. Le moment est là.

Je savoure l’instant. Puis il est déjà l’heure de repartir. Retour vers Xi’an, pour continuer l’exploration.

À la sortie, la circulation est dense, les voitures nombreuses. Je décline d’abord plusieurs propositions, puis, sans vraiment savoir comment, je me retrouve à discuter avec un jeune couple qui parle anglais. Finalement, nous décidons de partager un taxi.

Le prix est fixé au départ. Mais en cours de route, le chauffeur annonce soudain un supplément pour le péage. La situation nous agace un peu. J’ai déjà remarqué cette façon de faire : ajouter des frais au dernier moment — péages, parkings ou autres — pour faire grimper la note. La différence reste modeste. Nous finissons par accepter. Et malgré tout, le trajet reste bien moins cher que ce que nous aurions payé chez nous.

Le taxi nous dépose dans le centre de Xi’an. Je reprends ensuite le métro pour rentrer à l’hôtel, me reposer un peu… avant de repartir.


La pagode des oies sauvages

Autre lieu, autre découverte, à l’extérieur de Xi’an : la pagode des oies sauvages. J’avais lu qu’un spectacle de fontaines y était proposé, sans vraiment savoir à quoi m’attendre.

À mon arrivée, je découvre un lieu animé, presque vivant. Il y a du monde. Certains s’amusent à composer leurs photos, profitant du jaune éclatant des feuilles d’automne pour immortaliser l’instant. Je me trouve d’abord en bas des fontaines, la pagode se dressant tout en haut. Je remonte tranquillement, tandis que peu à peu, les gens prennent place.

Arrivée au pied de la pagode, je la vois s’illuminer progressivement. Construite il y a plus de mille ans pour abriter des textes bouddhistes rapportés d’Inde par le moine Xuanzang, elle semble encore aujourd’hui veiller sur les lieux. Silencieuse, presque intemporelle.

Autour, une ruelle animée s’étire, bordée d’échoppes. Figurines, sculptures, calligraphies… autant de scènes figées qui semblent raconter, à leur manière, l’histoire du lieu. Je m’y attarde un instant, portée par cette ambiance à la fois vivante et intemporelle.


Le spectacle des fontaines

Puis le mouvement s’accélère. Tout le monde se dirige vers les fontaines. C’est le moment. Je me faufile entre les groupes, et finis par trouver une place aux premières loges.

Le spectacle peut commencer.


Le quartier musulman et la tour de la Cloche

Après ce moment féérique, baigné de lumières, je reprends le métro vers le centre de Xi’an et descends à la Tour de la Cloche de Xi’an, magnifiée par ses illuminations.

Je rejoins le Quartier musulman de Xi’an, où l’ambiance m’enveloppe aussitôt : odeurs, bruit, foule, tout se mêle dans une agitation presque irréelle. Je m’arrête devant un stand de brochettes ; la préparation est simple, presque mécanique, et pourtant j’apprécie pleinement l’instant, comme si le temps ralentissait.

J’ai lu beaucoup sur cet endroit, mais le vivre ainsi, au cœur de la nuit, lui donne une toute autre dimension. Un moment suspendu, déjà.

Je m’éloigne ensuite dans une petite ruelle, et en quelques pas seulement, l’atmosphère bascule : la lumière se fait plus douce, le calme s’installe, et ce sentiment d’être en dehors du temps s’intensifie. Je passe devant le Pavillon Wenchang de Xi’an, puis le Temple du Dieu de la Ville de Xi’an, presque seule. Une petite place apparaît, silencieuse, comme figée. C’est exactement ce que je cherchais.

Je rentre à l’hôtel, encore habitée par cette parenthèse hors du temps. Demain sera une grande journée


Voyage

Zhangjiajie : sur les traces des montagnes d’Avatar


9 et 10ème jour : Au coeur de la forêt de Zhangjiajie


Trajet vers Zhangjiajie

Je laisse derrière moi les sommets paisibles de Wudangshan, les temples taoïstes et l’atmosphère si particulière de cette montagne sacrée. Le voyage continue vers un tout autre décor. Prochaine destination : Zhangjiajie, connue pour ses immenses piliers rocheux perdus dans les nuages qui a inspiré James Cameron pour son film Avatar.

J’ai pris un train de nuit de Shiyan jusqu’à Changsha. Ce fut encore une expérience originale.

J’avais déjà voyagé dans un train de nuit en Égypte avec une cabine privée. Cette fois, l’expérience était bien différente : une cabine partagée, et encore une fois, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. J’ai senti quelques regards se poser sur moi lorsque je suis montée dans le train.

En arrivant dans ma cabine, j’ai rapidement compris que ce que j’avais lu sur internet était vrai : il n’y avait pratiquement aucun espace pour ranger ma valise et mon sac à dos. Heureusement, j’avais une couchette en bas. J’ai donc installé mes affaires au bout du lit et, comme je ne suis pas très grande, j’ai réussi à m’allonger en repliant légèrement les jambes. En pleine nuit, mon sac à dos a même fini par glisser sur mes jambes.

Pourtant, ce n’est pas cela qui m’a le plus gênée. Une fois encore, c’est la cigarette qui a compliqué la nuit. L’odeur était omniprésente dans le wagon et ne semblait jamais vraiment disparaître.

J’ai aussi souri en repensant à un petit moment assez insolite : lorsque je me suis changée pour la nuit dans la salle de bain, l’hôtesse est venue frapper à la porte. Visiblement, cela ne devait pas être une habitude ici. Elle ne m’a toutefois rien dit.

Au petit matin, la cabine était vide et j’ai pu me préparer tranquillement avant l’arrivée. Malgré le manque de place et l’odeur persistante de cigarette, j’ai tout de même réussi à dormir un peu.

À mon arrivée à Changsha, je n’avais que 35 minutes pour rejoindre mon prochain train. Finalement, tout s’est très bien passé. J’ai réussi à trouver mon chemin sans difficulté et j’ai même eu le temps de m’acheter une boisson chaude ainsi que quelques gâteaux pour le petit déjeuner.

Cette fois, le voyage était plus confortable. Le train était plus rapide et, surtout, il n’y avait aucune odeur de cigarette. Un vrai soulagement après la nuit précédente. Le trajet ne durait qu’environ deux heures, ce qui m’a permis de profiter du paysage tout en me reposant un peu.

Pour éviter le stress à l’arrivée, j’avais réservé un transfert directement auprès de mon hôtel. Une solution bien pratique pour rejoindre tranquillement ma prochaine destination.

train Shiyan - Changsha (nuit)
train Changsha - Zhangjiajie
intérieur cabine à 4 lits
Intérieur cabine à 4 lits
Trajet en train Shangsha - Zhangjiajie
Trajet en train Shangsha - Zhangjiajie


Arrivée à Zhangjiajie

À la sortie de la gare, mon chauffeur m’attend avec une pancarte à mon nom. Nous traversons ensuite l’immense gare avant de rejoindre sa voiture, garée sur un grand boulevard à l’extérieur.

Il nous faudra environ une heure et demie de route pour atteindre le parc national forestier de Zhangjiajie. J’ai choisi de loger directement à l’intérieur du parc afin de profiter pleinement des paysages, avec en bonus une vue annoncée sur les célèbres pics rocheux et les couchers de soleil.

Pour trois nuits au cœur du parc de Zhangjiajie National Forest Park, avec cette vue exceptionnelle sur les montagnes, j’ai payé 978 yuans sans repas + 250 yuan pour l’entrée du parc. Aujourd’hui l’hôtel a fermé ses portes… J’ai pris mes deux repas du soir sur place et j’avoue que le prix était élevé cependant c’était bon.

Un budget plus élevé que d’habitude pour moi, à vrai dire le plus cher de mon séjour, mais je voulais vraiment profiter pleinement de l’expérience et séjourner directement dans le parc plutôt que de faire les trajets chaque matin. Malgré les nuages et l’absence de coucher de soleil, je ne regrette pas ce choix tant le cadre était impressionnant. Un peu frustrant, bien sûr, mais l’atmosphère brumeuse donnait malgré tout aux montagnes un côté mystérieux. J’ai pris aussi le billet d’entrée valable plusieur jour pour me déplacer dans le parc, y compris l’ascensseur.

Vue drone de l'hôtel


Mon logement à l'intérieur du parc

À mon arrivée, le responsable des lieux n’est pas là. Je suis accueilli par une dame qui ne parle pas anglais. Je lui tends mon passeport et elle s’occupe du check-in. Puis je découvre ma chambre à l’étage.

Il ne fait pas très chaud. Dès mon arrivée, j’allume le chauffage avant de prendre une bonne douche. Après ce long trajet et les odeurs de cigarette dans le train de nuit, j’avais surtout besoin de me sentir propre et de retrouver un peu de confort.

La chambre est spacieuse. Les fenêtres donnent sur l’arrière, face à un autre bâtiment. À l’extérieur, le ciel est gris et chargé, même s’il ne pleut pas encore. Malgré la météo, je décide d’aller faire un tour dans les environs. Je veux surtout rejoindre le point de vue du coucher de soleil, même si je sais déjà que les conditions ne permettront probablement rien d’exceptionnel ce soir.

À travers les nuages, j’aperçois tout de même quelques pics rocheux. Juste assez pour me donner un premier aperçu du Parc de Zhangjiajie avant la véritable découverte du lendemain.

Sur place, je discute avec une jeune femme qui parle très bien anglais. J’en déduis immédiatement qu’elle n’est pas chinoise. Pourtant, elle l’est bien… et je comprends vite que ma remarque était maladroite.

— « Est-ce que je ne ressemble pas à une Chinoise ? » me demande-t-elle.

Elle avait raison. J’avais des aprioris. Elle m’explique avoir appris l’anglais grâce à des cours sur internet. La nouvelle génération chinoise semble avoir envie d’apprendre les langues étrangères, et aujourd’hui l’accès aux ressources est beaucoup plus simple.

Je retourne ensuite à l’hôtel où je commande un plat préparé sur place avant d’aller dormir. J’ai besoin d’une vraie nuit de repos. La précédente a été courte, et la visite du lendemain s’annonce sans doute fatigante : le parc est immense.

Zhangjiajie chambre hôtel Yolo Resort
Zhangjiajie chambre hôtel Yolo Resort
Zhangjiajie - autour de l'hôtel
Zhangjiajie - autour de l'hôtel
Repas du 1er soir à l'hôtel


Le programme de la journée

J’ai passé une très bonne nuit et le logement est particulièrement calme. Au réveil, je prends simplement un thé accompagné de quelques gâteaux achetés la veille pour le petit déjeuner.

Je communique ensuite via WeChat avec le responsable de l’hôtel. Il m’a envoyé un plan ainsi que plusieurs explications pour organiser ma journée dans le parc de Zhangjiajie. Avec la pluie annoncée, il me conseille de privilégier les zones basses du parc plutôt que les sommets, souvent noyés dans les nuages.

Je décide de suivre ses recommandations. Je rejoins alors la route principale à l’intérieur du parc. Il y a des navettes qui relient les différents sites. Il suffit de lui faire signe  lorsqu’elle approche. 

Zhangjiajie bord de route
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie

Les drones étant autorisés dans cette zone, je décide de faire décoller le mien entre l’hôtel et la route principale. Depuis les airs, le paysage révèle toute son ampleur : les champs de thé s’étendent au pied des montagnes tandis que les immenses pics rocheux disparaissent partiellement dans les nuages.

Les pics apparaissent puis disparaissent dans les nuages, donnant au paysage un aspect presque fantastique. Vue du ciel le parc de Zhangjiajie semble encore plus impressionnant. 

Vue drone de l'hôtel
Parc National de Zhangjiajie


Premier point de vue dans les nuages

Mon premier arrêt me mène à un point de vue dominant les célèbres pics rocheux de Parc forestier national de Zhangjiajie. Les montagnes se mêlent aux nuages dans un mouvement permanent, apparaissant puis disparaissant lentement derrière la brume.

De nombreux photographes sont déjà installés, appareils en main, prêts à capturer cette danse entre les reliefs et les nuages. L’atmosphère est calme malgré la présence des visiteurs, chacun attendant le bon moment, la bonne lumière ou l’ouverture furtive dans le brouillard.

J’en profite moi aussi pour ressortir mon drone afin d’immortaliser la scène depuis les airs. Les images révèlent toute la verticalité du paysage et la façon dont les pics semblent flotter au-dessus de la vallée.

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Je teste la nourriture locale

Avant de continuer à arpenter les sentiers du Parc forestier national de Zhangjiajie, je m’arrête à un petit stand pour goûter une spécialité locale vendue sur une brochette. Il s’agit de galettes de riz grillées, légèrement croustillantes à l’extérieur et plus moelleuses à l’intérieur.

Comme souvent en Chine, les odeurs de cuisson attirent rapidement l’attention. Ce genre d’encas simple et préparé directement sur place fait aussi partie du voyage. Une petite pause gourmande avant de reprendre la marche au milieu des montagnes et de la forêt.

Parc National de Zhangjiajie
Brochette dans le parc de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Je descends les quelques 500 marches… et plus

Je suis les indications puis prends la télécabine pour descendre dans la vallée. Peu à peu, les sommets disparaissent derrière les arbres tandis que la forêt devient plus dense autour de moi.

Une fois arrivé en bas, je trouve le chemin et les marches qui s’enfoncent dans la forêt. La pluie commence à tomber légèrement. Je sors alors mon poncho pour me protéger. Le sol est humide et glissant par endroits, ce qui m’oblige à avancer prudemment.

Finalement, l’averse s’arrête presque aussitôt. L’air devient plus frais et l’odeur de la forêt humide rend l’atmosphère encore plus agréable pendant la marche.

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Les géants de pierre depuis le ciel

Comme indiqué sur le plan, je prends ensuite un bus puis une nouvelle télécabine qui me ramène au sommet. En quelques minutes, le paysage change complètement : la forêt laisse de nouveau place aux immenses pics rocheux et aux points de vue panoramiques de Parc forestier national de Zhangjiajie.

Il n’est pas encore très tard et je décide de prendre mon temps pour explorer cette partie du parc. Les passerelles et chemins offrent de magnifiques vues sur les formations rocheuses qui émergent au-dessus des arbres. 

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Pause bien méritée

Avant de repartir pour une nouvelle balade au pied des montagnes, je m’arrête pour manger un bol de nouilles accompagné d’une brochette de viande. Après plusieurs heures de marche et de déplacements dans le parc, cette pause fait du bien.

L’endroit est calme et reposant. Autour de moi, on entend surtout le bruit du vent, quelques conversations  et parfois les oiseaux dans la forêt. 

Repas du midi dans le parc de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


7 km de marche au pied des pics vertigineux

Après ma pause déjeuner, je reprends la télécabine pour redescendre dans la vallée avant de parcourir les 7 kilomètres qui mènent jusqu’à Ascenseur Bailong, cet impressionnant ascenseur extérieur de 326 mètres de haut qui permet de rejoindre les sommets du parc.

Le chemin est différent de celui emprunté plus tôt dans la journée. Ici, la balade suit la rivière au pied des montagnes et l’ambiance est plus sauvage. Les immenses parois rocheuses s’élèvent au-dessus de moi et je me sens toute petite face à cette immensité.

En avançant, je croise également un groupe de singes installé au bord du chemin, habitué à la présence des visiteurs. La promenade est agréable et reposante malgré la longueur du parcours. À chaque détour, le paysage offre une nouvelle perspective sur les célèbres pics de Parc forestier national de Zhangjiajie.. 

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Ascenseur Bailong

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Dernière étape de cette première journée : le pont de pierre

Arrivée en haut, je suis le chemin qui mène au pic Avatar puis je poursuis vers le pont de pierre, qui relie deux pics comme un trait d’union posé dans le vide..  Un singe s’invite dans la scène, posant tranquillement face aux montagnes, comme s’il faisait lui aussi partie du paysage. Un beau final pour cette journée intensive et savoureuse avec tous ces changements de décors, me laissant avec cette impression d’avoir traversé un monde à part.

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie

Je décide de reprendre les navettes pour retourner à mon logement. Sur place, je prends le temps de manger simplement : une soupe de nouilles au chou chinois, réconfortante après cette journée bien remplie.

La serveuse, me voyant lutter avec mes baguettes, finit par m’apporter une cuillère avec un sourire. Je ne peux m’empêcher de sourire aussi — mission simplification acceptée.

Ce soir, pas de coucher de soleil. Je choisis de me coucher tôt, pour récupérer et être en forme pour la journée qui m’attend demain à Zhangjiajie…

Repas du 2e soir à l'hôtel


Programme de la 2ème journée

Comme la veille, je prends le temps de boire un thé dans ma chambre en grignotant quelques gâteaux, avant de rejoindre le bord de la route pour attendre la navette. Je ne serai pas seule cette fois-ci. Une dame, qui vit et travaille sur le site, monte également dans la navette. Un détail simple, mais qui rappelle que derrière ces paysages spectaculaires, il y a aussi des vies qui s’écoulent chaque jour dans ces montagnes.

De nouveau, je suis le programme proposé par le gérant du logement en le modifiant un peu. Pour commencer je  décide de retourner au point de vue de la veille ainsi qu’au pont de pierre. Aujourd’hui, quelques rayons de soleil percent enfin, promettant une atmosphère différente et peut-être des paysages encore plus impressionnants. J’effectuerai la visite de Tianbo au retour en fin de journée.

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Le point de vue qui était dans les nuages la veille

Parc National de Zhangjiajie
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Le pont de pierre vue avec le drone

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie


Montagne de Tianzi

Je suis ensuite revenue sur mes pas et j’ai pris la navette pour les montagnes de Tianzi. Je n’ai pas descendu les marches comme indiqué dans le programme, je suis restée sur le plateau à contempler les pics de chaque côté. Il y avait beaucoup de monde.

Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie
Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie


Téléphérique de Tianzi

J’ai ensuite repris un bus pour rejoindre le téléphérique de Tianzi, comme indiqué sur mon programme. Pendant la desente et la montée, je dois reconnaître que la vue depuis le téléphérique était vraiment magnifique. Sous le soleil, les parois rocheuses reflétaient la lumière, mettant en valeur les reliefs et les formes impressionnantes de ces pics qui défilaient lentement sous mes yeux. Cette vue m’offrait une toute autre perspective que la veille. Sous la lumière du soleil, les pics révélaient des détails et des reliefs que je n’avais pas remarqués auparavant, donnant l’impression de découvrir un nouveau paysage.

Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie
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Tianbo Mansion

Ensuite, je reprends le bus pour retourner au point de départ. Il n’est pas encore très tard. Le matin même, j’avais commencé à emprunter un chemin avant de faire demi-tour, ne sachant pas vraiment où il menait. Mais quelque chose me pousse à retenter l’expérience. Mon instinct me dit de continuer cette voie… et cette fois, j’ai raison de l’écouter.

Je descends de nouvelles marches — encore et toujours des marches — puis je bifurque sur la droite, guidé par le bruit des voix qui résonnent un peu plus loin. J’arrive alors près de quelques baraques en bois où des porteurs transportent des visiteurs sur des chaises. En les voyant grimper dans ces pentes abruptes, je ne peux m’empêcher d’admirer leur courage et leur endurance.

Je poursuis ensuite mon ascension. Par moments, le passage devient étroit, parfois même très étroit, accroché à la montagne. Puis j’arrive sur une petite plateforme avec… des toilettes. Franchement, je me demande encore comment ils ont réussi à construire cela à une telle hauteur. Et je dois bien avouer que cette découverte tombe à point nommé… ha ha ha.

Mais le chemin ne s’arrête pas là. Je continue jusqu’au bout, traverse une passerelle suspendue, puis grimpe une échelle avant d’atteindre enfin le point de vue de Tianbo Mansion.

La boucle est bouclée. Sur le moment, je ne réalise pas que j’avais déjà filmé cet endroit la veille depuis un autre point de vue. Ce n’est qu’en regardant mes images plus tard que je m’en rends compte. Une belle surprise qui donne encore plus de saveur à cette randonnée.

Quel beau final. Et honnêtement, j’ai énormément apprécié cette balade.

Parc National de Zhangjiajie
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Parc National de Zhangjiajie


Retour à l'hôtel pour mon transfert en ville

Le matin, j’avais descendu mes bagages à la réception afin que tout soit prêt pour mon départ lorsque je reviendrais à l’hôtel pour mon transfert vers la ville. J’ai choisi de dormir près de la gare, car mon train partira vers 7h30 le lendemain matin pour ma prochaine destination.

Le chauffeur arrive à l’heure et me propose de m’installer à l’avant. Pendant le trajet, nous essayons de communiquer grâce au traducteur de son téléphone, même si ce n’est pas toujours simple de se comprendre. À un moment, il me parle de nourriture, mais je ne saisis pas vraiment ce qu’il veut me dire.

Puis il s’arrête sur le bord de la route. Je comprends alors qu’il est parti acheter quelque chose. Quelques minutes plus tard, il revient avec une spécialité locale qu’il me tend gentiment : une boule blanche de riz gluant, garnie de chou chinois et de viande, déposée sur une feuille.

Je ne me souvenais même pas avoir sauté le déjeuner ce midi-là. Pourtant, je n’ai pas particulièrement faim, mais j’accepte volontiers de goûter. La saveur est totalement différente de ce que j’ai l’habitude de manger, et j’aime bien cette découverte. En revanche, c’est assez bourratif, je ne pourrai en manger qu’un seul.

Encore un de ces petits moments simples que j’ai profondément appréciés. Un geste offert avec gentillesse et spontanéité. Et je me demande alors : est-ce qu’il m’aurait venu à l’idée d’en faire autant à sa place ?

Spécialité offerte par le chauffeur de taxi (retour)


Vidéo et short YouTube


Voyage

Dans les brumes du Wudang, l’esprit du Taoïsme


7 et 8ème jour : au cœur du taoïsme, le mont Wudang


Train vers Shiyan

Ce matin, je me lève tôt et je quitte Xi’an avec beaucoup de souvenirs en tête. Je dois me rendre à la gare de Xi’an, située dans le centre-ville. Je l’avais repérée la veille, et elle ne se trouve finalement pas très loin de mon hôtel. Je décide d’y aller à pied : un peu de marche ne me fera pas de mal, surtout que le trajet en train va durer plus de six heures.

Cette fois, je ne prends pas de train rapide. Je n’en ai pas trouvé pour ma prochaine destination : Shiyan. Je ne sais pas encore exactement à quoi correspond un train “K”. Depuis Shiyan, je prendrai ensuite un bus local jusqu’à l’entrée du mont Wudang.

Comme dans toutes les gares, ma valise et mon sac à dos passent au scaner. tout est ok. Je suis un peu en avance, alors je décide de m’acheter des gâteaux et une boisson chaude en attendant. Je n’ai rien mangé à l’hôtel.

Le train est à l’heure, nous pouvons embarquer. Certains ont des sacs énormes portés sur leur dos comme dans un autre temps. Ils sont venus à la ville pour se réapprovisionner sans doute. Je ne sais pas encore mais je vais traverser une Chine plus rurale et même dans le train je vais le ressentir. Rien à voir avec les trains « g » rapides, l’embiance est différente, certains se disputent. Cela ne dure pas un contrôleur intervient et ils se calment. On y fument, pourtant je suis assise en face de l’écritaux « non fumeur ». On crache aussi, là aussi il y a un écritaux. On me regarde, je suis la seule étrangère. J’avoue je ne suis pas à l’aise. 

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Bus 202 gare de Shiyan vers Wudangshan

Arrivée à la gare de Shiyan après six longues heures de train, je pars aussitôt à la recherche de l’arrêt de bus pour rejoindre Wudangshan. J’ai trouvée cette information sur internet. À peine sortie, un chauffeur de Didi m’aborde. Je décline et lui demande plutôt mon chemin. Il marmonne quelque chose, visiblement contrarié, sans vraiment m’aider.

Je tourne un moment autour de la gare, un peu perdue. Je ne trouve pas d’indication. Au bout de quelques minutes, je décide de sortir mon téléphone et d’ouvrir Amap. L’application m’indique le bus 202, ainsi que l’itinéraire précis pour y accéder.

Je suis les indications et finis par trouver l’arrêt… non sans avoir fait tout le tour de la gare.

Le bus est là. Je m’approche, mais le chauffeur m’indique qu’il faut payer 4 yuan en espèces. Il me montre une petite boutique juste à côté. Visiblement, il a l’habitude. La vendeuse accepte de m’aider à faire l’appoint, et je peux enfin monter à bord.

Le trajet dure un peu plus d’une heure. Le bus est simple, local comme on en trouve en France. Je m’installe et suis le parcours en temps réel sur l’application. Chaque arrêt s’affiche, ce qui me rassure et me permet de ne pas me tromper.

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Aux portes de Wudangshan

L’arrêt pour Wudangshan est le terminus. Je descends du bus et dois faire rouler ma valise sur des pavés, en montée de surcroît. L’accueil est rude, mais devant moi se dresse une immense porte monumentale : aucun doute, je suis bien arrivé au pied du mont Wudangshan.

Je ne perds pas de temps. Je pars aussitôt à la recherche de l’entrée afin d’acheter mon billet. Une autre préoccupation m’attend : trouver la consigne à bagages dont j’avais lu l’existence. Inutile de m’encombrer pour l’ascension. Je ne garde avec moi que le strict nécessaire pour deux jours, puisque je dormirai une nuit sur place.. 

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Wudangshan, la voie taoïste de l'harmonie

Nichée dans la province du Hubei, Wudangshan est l’une des montagnes sacrées du taoïsme chinois et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, la spiritualité s’exprime dans une profonde harmonie entre la nature, les temples et les arts martiaux.

Contrairement à Shaolin, marqué par la discipline et l’effort, Wudangshan incarne une approche plus intérieure et contemplative. Le taoïsme y enseigne le wu wei, « agir sans forcer », une manière de s’accorder aux rythmes naturels plutôt que de lutter contre eux.

La montagne elle-même semble vivante : temples et escaliers épousent les reliefs, intégrés au vent, à l’eau et à la lumière. Dans cet environnement, les arts martiaux internes occupent une place centrale, en particulier le taiji quan, souvent perçu ici comme une méditation en mouvement. Les gestes sont lents, circulaires, guidés par la respiration et la circulation du Qi, cherchant l’équilibre entre yin et yang.

À Wudangshan, la force ne s’impose pas : elle se transforme. Le corps devient un espace de circulation plutôt qu’un outil de contrainte, et l’objectif n’est pas la victoire, mais l’équilibre, la santé et la clarté de l’esprit.

Plus qu’un lieu d’arts martiaux, Wudangshan est un chemin de sagesse : apprendre à ralentir, écouter et s’accorder au monde.

Tai-chi Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025


Sur la route de Qiongtai

Après avoir payé mon billet d’entrée tout compris (environ 272 yuans), je prends un bus pour rejoindre Qiongtai, où je passerai la nuit avant les visites du lendemain. Le trajet n’est pas direct et je dois changer de bus en cours de route. Je demande mon chemin, et l’on m’indique celui qui me mènera à ma destination finale de la journée.

C’est une bonne journée pour voyager : la pluie accompagne le paysage et donne une atmosphère particulière aux lieux. Après quelques kilomètres à travers les lacets les montagne de Wudang, j’arrive enfin à ma première étape.

Sur la falaise apparaît une immense inscription rouge : “Première montagne”. Dans la brume, elle semble annoncer l’importance sacrée des lieux..

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Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025

Après avoir déposé mes affaires à l’hôtel, je pars faire un premier tour des environs du centre. Je cherche le restaurant de l’établissement, sans succès — je le découvrirai finalement le lendemain matin.

Je me promène dans le jardin, où j’aperçois un homme en train de pratiquer le tai chi. Ses mouvements lents et fluides semblent parfaitement en accord avec le calme des lieux.

Je termine ma petite exploration en achetant un bol de nouilles à préparer simplement avec de l’eau chaude. Il me reste encore quelques gâteaux pour compléter mon repas improvisé.

Je regagne ensuite ma chambre pour me reposer, avec l’esprit déjà tourné vers la journée qui m’attend le lendemain.

Mon hôtel à Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Téléphérique de Qiongtai dans la brume - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025


Mon hôtel à Qiongtai

J’ai choisi de passer la nuit à Qiongtai afin d’être au plus près du téléphérique et de commencer ma journée de visite tôt, avant l’arrivée de la foule. La chambre s’intègre bien à l’ambiance du lieu, avec un style authentique que je recherchais justement pour cette étape. Même si elle fait partie des hébergements les plus chers de mon voyage (environ 50 euros la nuit avec petit-déjeuner, réservé sur Trip), elle offre un bon compromis entre confort et emplacement idéal.

Mon hôtel à Qiongtai


Ascenssion au Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Le jour se lève à peine lorsque je me réveille. Finalement, je trouve assez rapidement la salle du petit-déjeuner. Au menu, un repas typique : une soupe de nouilles accompagnée de thé. Simple, chaud et parfait pour commencer la journée.

Je retourne ensuite dans ma chambre pour préparer mon sac à dos en vue de l’ascension. Puis je me dirige vers l’entrée du téléphérique de Qiongtai. Il n’est pas encore ouvert. J’en profite pour prendre quelques photos : les couleurs du matin sont bien différentes de celles de la veille au soir.

Les immenses portes rouges finissent par s’ouvrir. J’achète mon billet (150 yuans) puis me dirige vers l’embarquement. Je m’installe seule dans la cabine ; à cette heure matinale, nous sommes encore très peu nombreux.

Pendant les quelques minutes de montée, j’admire le paysage. Le ciel est chargé de nuages, mais je distingue malgré tout les reliefs des montagnes de Wudang qui émergent dans la brume.

Vue sur les montagne autour de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Entrée pour le téléphérique de Qiongtai - Wudangshan - Novembre 2025
Téléphérique et montagne de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Jardin de Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Qiongtai - Wudangshan - novembre 2025
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Arrivé en haut du téléphérique, je commence à gravir les marches. Le sommet se devine à peine, enveloppé dans une épaisse brume. À travers le voile gris, j’aperçois par moments quelques bâtiments aux teintes rouges, surgissant presque mystérieusement du paysage. Des stèles de pierre jalonnent le chemin, leurs inscriptions à demi effacées semblant murmurer l’histoire ancienne du lieu.

J’apprécie pleinement cet instant dans ce lieu chargé de spiritualité, et la météo semble parfaitement s’y accorder. La brume, les feuilles tombées sur les marches humides, le silence ambiant… tout renforce le caractère authentique et intemporel de l’endroit.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Montée vers le Palais d'or

J’arrive sur une sorte de place où se trouvent déjà quelques personnes. Des barrières ont été installées pour canaliser la foule lors des périodes d’affluence, mais à cette heure-ci, l’endroit est presque désert.

Un homme allumait les bougies près des brûleurs d’offrandes. Sur le moment, je n’ai pas vraiment compris ces gestes. J’apprendrai plus tard qu’il préparait simplement les lieux pour les prières et les offrandes des visiteurs.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le rituel

Je traverse cette place et m’engage dans un escalier. Des sons viennent soudain capter mon attention. Je devrais continuer tout droit, mais quelque chose m’appelle ailleurs.

Je quitte le parcours et descends quelques marches. J’arrive devant un autel où plusieurs pratiquants taoïstes sont rassemblés. J’assiste, à distance, à un rituel du matin : des prières récitées, rythmées par le son des tambours.

Peu à peu, je me laisse envelopper par cette atmosphère. Le rythme, les voix, la résonance des sons dans l’air… tout semble suspendre le temps. Je reste là, à l’extérieur, à écouter quelques minutes.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je m’éloigne doucement de l’autel, comme à regret, et je retrouve le chemin principal. Les sons du rituel s’estompent peu à peu derrière moi, remplacés par le silence de la montagne. 

Je reprends mon ascension. Les marches s’enchaînent, toujours enveloppées dans la brume. Puis, progressivement, le voile gris se dissipe. La lumière revient, et le paysage s’ouvre enfin. La vue se dégage sur la vallée, profonde et silencieuse, où les reliefs se dessinent à perte de vue.

Par moments, quelques toits aux teintes rouges apparaissent encore, accrochés à la montagne. L’air se fait plus frais, l’atmosphère presque irréelle. Après cette montée dans la brume, ce changement offre une toute autre perspective. Un instant suspendu, juste avant d’atteindre le sommet

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Encore quelques marches, et me voilà arrivée face au Palais d’Or. J’ai atteint le sommet. 

Des pèlerins se succèdent, certains se prosternent devant le temple, d’autres déposent des offrandes dans un silence respectueux. L’atmosphère est à la fois solennelle et apaisante.

Ce palais, entièrement recouvert de bronze doré, est dédié à Zhenwu (ci-dessus), figure majeure du taoïsme. Il symbolise l’aboutissement d’une quête, autant spirituelle que physique : atteindre ce point, c’est aussi s’approcher d’un équilibre entre le ciel et la terre, entre le corps et l’esprit.

De part et d’autre de l’escalier, deux grues se dressent, symboles de longévité et de sagesse, comme un discret lien entre le monde terrestre et le monde céleste.

Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je contourne le Palais d’Or et poursuis mon chemin. Très vite, les chaines se couvrent de cadenas de vœux et de rubans rouges, noués les uns aux autres. Chacun semble porter un souhait, une pensée, un espoir discret confié à la montagne. Ces rubans rouges, emportés par le vent, guident le regard jusqu’à un arbre majestueux, juste avant la descente.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Je quitte le Palais d'or (Jin Dian / Golden Hall)

Au sommet, prête à entamer ma descente, je prends le temps de m’arrêter. Le calme qui règne ici invite à savourer l’instant. La brume s’efface peu à peu, dévoilant les paysages alentour. Les reliefs apparaissent progressivement, comme si la montagne se révélait enfin. Je reste là quelques instants, à admirer la vue et à m’imprégner de ce lieu emblématique, suspendue entre silence et immensité.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Sur le côté de l’escalier, une petite échoppe attire mon attention. On y propose quelques plats simples et de quoi se restaurer.. Je m’arrête avec l’idée de prendre un café, mais je me laisse finalement tenter par un thé au gingembre. Dans ce lieu, le thé s’impose presque naturellement… et je découvre que je l’apprécie bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)
Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)

Je me dirige ensuite vers le téléphérique pour redescendre à Qiongtai, laissant peu à peu le sommet derrière moi. De là, je prendrai un bus pour poursuivre ma visite.

Ascension jusqu'au Palais d'or (Jin Dian/Golden Hall)


Le Temple Qiongtai Zhongguan

Avant de partir, je fais un détour par le temple de Qiongtai Zhongguan, niché au pied du pic Tianzhu, comme une dernière étape avant de quitter ce lieu.

Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple
Qiongtai Zhongguan Taoïsme temple


Le Temple Fuzhen Taizipo

Le bus me conduit jusqu’au temple de Fuzhen Taizipo. À cet endroit se trouve une grande esplanade où arrivent les différents bus du site, comme une petite station au cœur de la montagne.

J’emprunte ensuite le chemin qui mène au temple. Peu à peu, l’atmosphère change. J’arrive devant une arche et, à travers son encadrement, j’aperçois les bâtiments épouser parfaitement les reliefs de la montagne. Le rouge vif des façades domine le paysage, contrastant avec le vert profond des toits et de la végétation environnante.

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Je découvre que même les gestes des mains ont une signification précise. Dans le rituel taoïste “Zi Wu”, chaque position accompagne la méditation et symbolise l’harmonie entre les différentes énergies.

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Nanyan Palace

Je redescends ensuite vers l’esplanade, admirant une dernière fois l’architecture des bâtiments qui, sous cet angle, donne encore davantage de charme au lieu.

Je reprends un bus qui serpente à travers les montagnes jusqu’à atteindre Nanyan Palace. À mon arrivée, une altercation semble opposer deux hommes — une scène assez surprenante dans un endroit aussi paisible. Je n’y prête finalement pas plus attention et poursuis mon chemin.

J’emprunte alors un sentier qui monte progressivement, avec en toile de fond la silhouette du Palais d’Or dominant les sommets de la montagne.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

Je distingue un temple sans savoir qu’il s’agit en fait du Palais Nanyan. Suspendu à la falaise, il semble défier le vide et se fondre dans la montagne. Détruit sous la dynastie Yuan, il fut reconstruit en 1412 durant le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming.

Palace Nanyan
Palace Nanyan
Palace Nanyan

J’arrive à une intersection. Par ici, il y a moins de monde. Je prends à droite sans vraiment savoir où je vais et me retrouve sur un chemin menant à une grotte abritant une statue de Zhenwu. Je suis seule, seulement accompagnée par le son d’une musique douce. L’endroit est apaisant.

Dans le taoïsme, on ne s’élève pas vers le ciel sans avoir d’abord traversé l’obscurité. Cette statue nichée dans la grotte semble en être le reflet.

Nanyan - The cave of Zhenwu
Nanyan - The cave of Zhenwu

Après cette belle découverte, sans âme qui vive, je retourne à l’intersection et prends l’autre chemin qui mène vers un autre palais, toujours accompagnée par cette musique douce. Je rebrousse ensuite chemin avant de réaliser que je n’ai finalement pas vu le palais. Je repars donc dans l’autre direction et finis par trouver la voie qui y mène.

Je descends des marches — encore des marches — puis j’arrive au pied d’une immense tortue portant une colonne autour de laquelle s’enroule un serpent.

Dans le taoïsme, la tortue et le serpent sont étroitement liés à Zhenwu, le Guerrier Véritable. La tortue symbolise la stabilité, l’ancrage et la longévité. Le serpent, lui, représente le mouvement, la transformation et l’énergie vitale. Ensemble, ils incarnent l’équilibre entre la force tranquille et le changement perpétuel, entre la terre et le flux de la vie.

Ici, la tortue semble soutenir le monde tandis que le serpent s’élève vers le ciel. Une image qui rappelle qu’avant de s’élever spirituellement, il faut d’abord trouver son équilibre intérieur et s’ancrer profondément.

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le Palais Nanyan

J’arrive enfin au Palais Nanyan, je longe les murs, il est vraiment perché sur la falaise. Je me demande comment ils ont pu construire un tel bâtiment. On peut voir quatre caractères chinois rouges sur la falaise, à savoir « longévité (寿) », « fortune (福) », « santé (康) » et « paix (宁) ».

Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan
Le palais Nanyan

Sur ma route, je croiserai quelques oiseaux. Leurs chants résonnent doucement dans la montagne et accompagnent mes pas, comme s’ils faisaient eux aussi partie de l’harmonie paisible du lieu.

le palais Nanyan
le palais Nanyan
le palais Nanyan


Temple des Nuages Pourpres

Il me reste encore le Temple des Nuages Pourpres, aussi appelé Palais Zixiao, à découvrir. Je reprends le bus en direction de cette nouvelle visite. Que me réserve encore ce temple ? Ce sera le dernier de mon voyage à Wudang.

Le Palais Zixiao, aussi appelé Temple des Nuages Pourpres, est l’un des temples taoïstes les plus importants et les mieux préservés du massif de Monts Wudang. Niché au cœur des montagnes, il fut construit sous la dynastie Song puis largement reconstruit sous les Ming, à l’époque où les monts Wudang devinrent un haut lieu du taoïsme impérial.

Son nom évoque les nuages violets considérés dans la tradition chinoise comme un signe d’harmonie céleste et de bon augure. Le temple était autrefois un important centre spirituel où les maîtres taoïstes pratiquaient la méditation, les rituels et les arts internes liés à Zhenwu, divinité protectrice des monts Wudang.

 le Palais Zixiao dégage une impression de sérénité presque hors du temps. C’est un lieu où l’architecture semble se fondre naturellement dans la montagne, fidèle à l’esprit taoïste qui recherche l’harmonie entre l’homme et la nature.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

J’assiste à une sorte de procession, un groupe apporte des offrandes à Zhenwu. Tambours, prières et fumée d’encens accompagnent ce moment solennel. Sans vraiment le chercher, je participe moi aussi à la vie de ce lieu, simple témoin d’une tradition encore bien vivante.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan

Je jette un dernier regard au Temple des Nuages Pourpres, encore une belle découverte où les traditions semblent traverser le temps sans jamais disparaître. Je reprends le bus pour un dernier arrêt avant la fin de la journée. Cette fois, pas de temple au programme et, à vrai dire, je ne sais pas vraiment où je vais. La route serpente encore dans les montagnes de Wudangshan, laissant place à une certaine curiosité mêlée d’incertitude.

Temples des nuages pourpres - Wudangshan
Temples des nuages pourpres - Wudangshan


La Vallée de Xiaoyao

Je suis maintenant dans la vallée de Xiaoyao. Je traverse une passerelle au-dessus d’une rivière où l’eau s’écoule doucement entre les pierres. Puis, soudain, j’entends des voix d’enfants et je me dirige naturellement vers elles.

Il semble s’agir d’un entraînement. Je m’assois un instant sur un banc et les regarde exécuter, chacun à leur niveau, différentes figures avec application mais sans pression. Certains répètent les mêmes mouvements encore et encore pendant que d’autres observent attentivement leur professeur. L’ambiance est simple, calme et sincère.

Quel beau final pour cette journée de découverte au cœur de Wudangshan.

Xiaoyao - singe
passerelle
Xiaoyao - arts martiaux
Xiaoyao
Xiaoyao

Au détour du chemin, une étrange statue attire mon regard. Un homme semble maîtriser un buffle noir lancé dans un mouvement presque sauvage. Peut-être une référence aux légendes taoïstes ou à Laozi, souvent représenté sur un bœuf. Ici, même les statues semblent raconter des histoires dont je ne possède qu’une partie des clés.

Xiaoyao - statue

Le clou du spectacle arrivera un peu plus tard. J’assisterai à une violente dispute entre plusieurs singes. Je suppose qu’il s’agit d’une mère protégeant son petit face à un mâle plus dominant. Les cris résonnent dans toute la vallée et l’agitation contraste soudainement avec le calme qui régnait quelques instants plus tôt.

La scène est impressionnante, presque brutale, mais rappelle aussi que la nature autour de Wudangshan reste totalement vivante et imprévisible.

Xiaoyao - singe
Xiaoyao - singe
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Xiaoyao
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Retour à la réalité

Il est temps pour moi de quitter ce lieu avec plein de souvenirs en tête. Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis mon arrivée et pourtant j’ai l’impression d’avoir vécu bien plus. J’ai vu tant de choses que je pense me souvenir longtemps de Wudangshan.

J’y ai trouvé tout ce que je cherchais, et même davantage : des temples accrochés à la montagne, des paysages paisibles, des traditions taoïstes encore vivantes, des entraînements d’arts martiaux et même des singes venus conclure cette aventure de façon inattendue.

Je reprends finalement un bus en direction de la sortie. Je ne crois même pas avoir pris le temps de manger avant de quitter le site. Ce sera un arrêt dans un McDonald’s qui me ramènera brutalement à la réalité après cette parenthèse hors du temps. Puis viendra le moment de rejoindre la gare pour embarquer dans un train de nuit vers ma prochaine destination.

Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Avant de quitter Wudanghan
Wudangshan
Wudangshan
Wudangshan - la porte
Wudangshan


Cartes de Wudangshan

Carte de Wudangshan
Carte de Wudangshan - map of Wudangshan


Vidéo et short YouTube

Une parenthèse hors du temps que je ne suis pas prête d’oublier !!!

Shaolin et Wudangshan semblent opposés, mais ces deux montagnes sacrées poursuivent la même quête intérieure. L’une enseigne la maîtrise par l’effort, l’autre l’harmonie par le relâchement. Deux chemins différents, mais une même recherche d’équilibre entre le corps, l’esprit et la nature.


Voyage

Temple Shaolin : immersion au cœur du kung-fu légendaire


6ème jour : Visite du temple de Shaolin et spectacle de kung fu


Train vers Luoyang Longmen

Je me lève tôt. Aujourd’hui, une journée particulière m’attend : partir à la découverte du Temple Shaolin.

Je rejoins la gare du nord de Xi’an, la même qu’à mon arrivée. Les repères sont là, tout est plus simple. J’embarque dans un train rapide ; en un peu plus d’une heure, j’arrive à Gare de Luoyang Longmen. À peine sortie, je trouve rapidement un chauffeur pour la journée. Il me propose de m’emmener jusqu’au temple, de m’y attendre, puis de me ramener à la gare.

Au départ, j’avais prévu de visiter aussi les Grottes de Longmen. Mais la journée ne se déroulera pas comme prévu.

train de Xi'an à Luoyang Longmen

La route pour rejoindre le Temple Shaolin devient sinueuse. Peu à peu, les montagnes se resserrent, et je me laisse porter par le trajet.

Pourquoi ce temple ? Sans doute pour retrouver quelque chose de plus profond. L’envie de voir une représentation de kung-fu, bien sûr, mais aussi celle de remonter à la source. Le Temple Shaolin n’est pas un lieu comme les autres. Il est considéré comme le berceau du bouddhisme Chan — l’ancêtre du zen — et surtout comme celui du kung-fu Shaolin, un art martial né de la discipline du corps et de l’esprit.

Quelques images me reviennent, celles des films de Bruce Lee que je regardais en famille. Un mélange de souvenirs et de curiosité.

Bientôt, je découvrirai les Monts Wudang, une autre culture et une autre approche des arts martiaux, centrée sur le tai chi. Après la rigueur et la puissance du kung-fu de Temple Shaolin, c’est une vision plus intérieure, plus fluide, qui m’attend, et pourtant les deux semblent déjà reliées par une même recherche d’équilibre.

Arrivée au Temple Shaolin, mon chauffeur me propose de m’accompagner jusqu’au début du site. Je lui explique que je me suis renseignée et que je devrais m’en sortir seule.

Les représentations de kung-fu ont lieu à des horaires précis. Dès l’entrée, je vois des minibus et décide de prendre un pass, persuadée d’aller plus vite. Pourtant, la plupart des visiteurs choisissent de continuer à pied. Je ne m’attarde pas et monte dans le premier véhicule venu.

Après quelques minutes de trajet, le minibus s’arrête devant un temple. Je descends sans trop réfléchir, convaincue que je retrouverai facilement le lieu des représentations plus tard.


Temple Shaolin

Le Temple Shaolin se dévoile lentement. Les bâtiments anciens se fondent dans le paysage, entourés d’arbres aux feuilles jaunes qui donnent au lieu une douceur presque mélancolique. Tout semble plus calme, comme si le temps s’y déplaçait différemment.

Au sol, les pierres portent les traces du passage des siècles. Des stèles dressées racontent sans mots une histoire ancienne, gravée dans la roche et dans la poussière. Autour, les visiteurs jouent avec les feuilles, s’arrêtent pour des photos, et donnent à cet espace une vie simple, presque légère.


La forêt de pagodes

Je continue mon chemin en remontant, persuadée de finir par trouver le lieu des représentations. En peu de temps, je me retrouve pourtant devant le Parc des Pagodes de Shaolin, que j’imaginais bien plus éloigné.

Puisque j’y suis, je décide de m’y arrêter. J’ai encore le temps avant le spectacle.

Le Parc des Pagodes de Shaolin est aussi appelé la “forêt des pagodes”. C’est un lieu funéraire unique en Chine.

Chaque pagode est en réalité une stèle-tombe qui abrite les cendres ou la mémoire d’un moine important du Temple Shaolin. Leur forme, leur taille et leur décoration varient selon le rang, l’époque et l’importance spirituelle du moine.

Construites sur plusieurs siècles, elles forment aujourd’hui un ensemble dense et irrégulier, comme une forêt de pierre. Ce lieu est devenu un symbole de transmission : chaque pagode marque la continuité d’une lignée de maîtres et d’enseignements du bouddhisme Chan et des arts martiaux Shaolin.

En résumé : ce n’est pas un simple monument, mais un cimetière spirituel de maîtres, au cœur même de l’histoire du temple.

Je m’interroge sur le lieu des représentations : il n’y a presque personne par ici. Je demande mon chemin au kiosque des minibus. On m’indique de retourner à l’entrée. Cela ne me paraît pas cohérent… 

Je fais donc demi-tour vers le temple. En chemin, une musique douce m’attire vers un cours d’eau. Je m’arrête un instant : elle est apaisante.

Puis je reprends ma route. Des cris de kung-fu résonnent au loin. Ils captent immédiatement mon attention. Je ne dois pas être loin… mais cela signifie aussi que la représentation est peut-être en cours.

Je longe un sentier bordé de bambous et débouche sur des bâtiments ornés de statues en posture martiale. J’ai trouvé… enfin.

Mais la dernière représentation de la matinée vient tout juste de se terminer. Il faudra attendre deux heures.

Dilemme : partir vers les Grottes de Longmen et risquer de manquer ce pour quoi je suis venue… ou rester.

Je choisis de rester. Tant pis pour les grottes. Je contacte mon chauffeur via WeChat pour l’avertir que j’ai raté la dernière représentation de la matinée. Il me répond simplement de prendre mon temps, que ce n’est pas grave.

À côté, un terrain d’entraînement est rempli d’enfants en pleine pratique du kung-fu. Je les observe derrière les barrières : gestes répétés, concentration, discipline. Certains sont totalement absorbés, d’autres me lancent des sourires furtifs.

Pour patienter, je m’achète un bol de nouilles soja-légumes. Simple, réconfortant.

Je déambule encore un peu dans les environs, puis les portes s’ouvrent. Je me place aux premières loges. La salle se remplit rapidement… et le spectacle commence.

kung fu

Si tôt le spectacle fini, je rejoins mon chauffeur qui a été patient. Il est presque 15h. Je n’ai plus le temps d’aller visiter les grottes de Longmen. Une fois de plus, j’ai prévu trop de choses et je réalise qu’il faut que j’apprenne à mieux doser mes futurs voyages.

Il y a une file de voitures à l’arrêt au moment de prendre la route du retour vers la gare. Mon chauffeur descend et se renseigne. Il m’explique qu’un camion est en panne — ou peut-être un accident impliquant un camion — et que la route ne sera pas praticable avant plusieurs heures. Je commence à paniquer légèrement, car je dois prendre mon train pour rentrer à Xi’an.

Mon chauffeur me propose alors de faire un détour, de contourner la montagne. Ce sera plus long d’environ 30 minutes. J’accepte immédiatement, car j’ai de la marge pour mon train. C’est clairement la meilleure solution dans l’immédiat.

Juste avant d’arriver, il me propose de me ramener le lendemain à la gare. Heu… non, non, je dois prendre mon train ce soir pour rentrer dormir à mon hôtel. J’avoue, je ne l’avais pas vu venir celle-là. Il n’insiste pas et me conduit à la gare comme prévu.

Je peux finalement profiter de ma dernière soirée à Xi’an.

Je m’arrête dans un restaurant au hasard et choisis deux plats sans vraiment savoir ce que je commande. Pour le premier, la traduction indique le mot sang de mouton. J’hésite un instant… puis je commande quand même, par curiosité.

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Finalement, je ne mangerai que le plat de nouilles. J’ai goûté deux ou trois morceaux de l’autre plat, qui ressemblait à une sorte d’abat gélatineux, mais la texture et le goût ne me disaient rien…

Le repas m’a coûté 36 yuan pour deux plats et une boisson, ce qui reste très abordable comparé aux prix pratiqués en France (environ 4,50 euros).

Je suis ensuite rentrée à l’hôtel pour dormir. Demain, je quitte Xi’an pour une autre découverte, et pas des moindres : je pars à la rencontre du taoïsme au mont Wudang.


Voyage

Xi’an, entre remparts et mélodies de rue


4ème jour : direction Xi'an

Aujourd’hui, je quitte Pékin en direction de Xi’an, en train. Il me reste encore tant à découvrir, et l’impatience commence à monter.

Je commande un Didi pour rejoindre la gare de Pékin Ouest. Comme c’est une première pour moi, je préfère prévoir large — difficile de savoir à quoi m’attendre, surtout avec la circulation. Finalement, j’arrive largement en avance. 

À l’entrée, premier contrôle : bagages scannés, passeport vérifié. Une fois dans le hall, je scrute le panneau d’affichage jusqu’à repérer mon train et ma porte d’embarquement. Et là, surprise : tout fonctionne comme dans un aéroport. Contrairement à chez nous, impossible d’accéder directement aux quais. Il faut patienter dans une salle d’embarquement dédiée, puis présenter à nouveau son passeport pour passer le contrôle. Un espace est même réservé aux étrangers. 

Une fois sur le quai, les choses se compliquent un peu. Des marquages au sol indiquent où s’arrêtera chaque wagon, mais malgré mes efforts, je peine à m’y retrouver. Je finis par demander de l’aide… et, pour être honnête, je ne suis toujours pas certaine d’avoir vraiment compris le système.

À mon arrivée à la gare de Xi’an Nord, je prends quelques instants pour m’orienter avant de trouver le chemin vers le métro. Je repère rapidement comment obtenir le QR code nécessaire pour circuler à Xi’an et l’active sur mon téléphone. Une fois le code scanné, j’accède sans difficulté au réseau. Je sais déjà que je dois rejoindre la station Anyuanmen. Le trajet dure une vingtaine de minutes, le temps pour moi de reprendre doucement mes repères dans cette nouvelle ville.

À mon arrivée à la station Anyuanmen, je fais mes premiers pas dans Xi’an. En sortant du métro, l’ambiance change immédiatement : une nouvelle ville, une nouvelle énergie. Je prends quelques instants pour m’orienter, téléphone à la main, afin de rejoindre mon hébergement. Je me trouve sur une grande artère, avec un flux continus de circulation. Rien à voir avec les petites rues : ici, tout semble plus ouvert, plus structuré. Le trajet jusqu’à mon logement se fait tranquillement, le long de cet axe imposant. J’arrive enfin à destination (Sanjian Homestay), prête à poser mes affaires et à partir explorer.

À la réception, la communication n’est pas évidente : la réceptionniste ne parle pas anglais. Malgré tout, nous parvenons à nous comprendre avec quelques gestes et un peu de patience. Je lui tends mon passeport pour l’enregistrement, puis elle m’accompagne jusqu’à ma chambre. Je prends enfin possession des lieux. Mon premier réflexe est immédiat : me diriger vers la fenêtre. Et là, aucune déception — la vue sur les remparts de Xi’an est bien là. L’hôtel se situe juste à l’extérieur, à environ 200 mètres. J’avais réservé une chambre avec vue, et je ne regrette pas. J’imagine déjà le spectacle une fois la nuit tombée.

La chambre est confortable et agréable dans l’ensemble. Un détail vient toutefois ternir un peu l’expérience : une odeur persistante de cigarette. Je n’avais pas fait de demande particulière, et je suppose que cela provient des conduits ou de la climatisation. Je pourrais demander à changer de chambre, mais pour seulement trois nuits, je décide de m’en accommoder… même si, je dois l’admettre, l’odeur est assez marquée.


Des rues animées

Je pars à la découverte de Xi’an et me dirige, pour commencer, vers les remparts. J’ai lu sur internet qu’il est possible de les parcourir à vélo, tant ils sont vastes.

En chemin, des sons attirent rapidement mon attention. Une musique douce flotte dans l’air. Je me rapproche d’un parc et découvre des personnes en train de danser au rythme des enceintes posées au sol. Je m’avance encore un peu pour profiter de cette ambiance qui me plaît tant. La lumière est encore vive, mais déjà adoucie par les arbres du parc.

Et non, je ne les ai pas rejoints pour danser. J’observe. Les gestes, les bras, les mains, les doigts… tout est en harmonie. Les mouvements sont lents, précis, presque hypnotiques. C’est doux, apaisant. Je reste un moment à les regarder, portée par cette atmosphère paisible, puis je poursuis ma route. Un peu plus loin, je découvre un autre groupe, plus petit cette fois, évoluant comme dans une véritable chorégraphie. Les pas sont parfaitement synchronisés, comme répétés mille fois. Là encore, je m’arrête, m’imprègne de la musique et les observe.


Les remparts

Je poursuis ma route après cet intermède fort agréable, à la recherche d’une entrée pour accéder aux remparts. Je finis par en trouver une et achète un ticket sur place, n’ayant rien réservé à l’avance.

Devant moi se dresse un grand escalier de pierre. Mon regard est aussitôt attiré par une femme vêtue de rouge, ombrelle à la main, posant pour des photographies. En levant les yeux, j’aperçois, en haut des remparts, de nombreuses personnes en habits traditionnels, se prêtant au jeu des photographes. La scène a quelque chose d’irréel, comme un décor vivant suspendu au-dessus de la ville.

Arrivée en haut des remparts, je marque un court arrêt. Le regard balaie l’espace, à la recherche des vélos dont j’avais entendu parler. Sans trop hésiter, je choisis une direction et commence à avancer, curieuse de découvrir ce qui m’attend plus loin.

Je marche sur une longue portion, absorbée par le contraste entre ces pierres anciennes, chargées d’histoire, et la ville moderne qui s’étend de part et d’autre. Sous mes pieds, les dalles irrégulières racontent le passage du temps, tandis que les tours, imposantes, se dressent à intervalles réguliers, comme des points de repère immuables. Le regard se perd au loin, suivant cette ligne fortifiée qui semble ne jamais s’arrêter.

Construits à l’époque de la dynastie Ming, ces remparts comptent parmi les mieux conservés de Chine. En les parcourant, j’imagine les soldats qui autrefois surveillaient l’horizon depuis ces mêmes hauteurs. Aujourd’hui, les vélos ont remplacé les gardes, mais le lieu semble avoir conservé quelque chose d’intact.

Après une bonne demi-heure de marche, je finis enfin par trouver les vélos. Soulagement. Je vais pouvoir parcourir ces 13 kilomètres et faire le tour complet des remparts.

La nuit commence doucement à tomber. Peu à peu, les lumières s’allument, révélant une toute autre facette des lieux. L’atmosphère change, devient presque irréelle… plus mystérieuse, comme si l’histoire reprenait vie sous mes yeux. Je pédale le long des murailles, le bruit régulier des roues sur les pavés résonnant sous moi, presque hypnotique. Ce rythme accompagne ma progression et renforce cette sensation d’être hors du temps.

J’avance ainsi jusqu’à atteindre un passage où je dois laisser mon vélo. Impossible de continuer. Je descends, traverse à pied, puis récupère un autre vélo de l’autre côté. Je repars alors, retrouvant peu à peu ce même rythme, pour boucler finalement ce tour. 100 m avant d’arriver à mon point de départ, je réalise mon erreur : les vélos se trouvaient en réalité dans l’autre sens, bien plus proches que je ne l’imaginais. Un léger sourire me vient en comprenant que j’aurais pu les trouver en quelques minutes.

Quel moment, encore une fois… différent de tout ce que j’ai pu vivre auparavant. Une fois de plus, j’apprécie pleinement. Je voyage à travers la vie telle qu’elle est aujourd’hui, tout en ayant le sentiment de plonger dans celle d’il y a des centaines d’années… comme un véritable voyage dans le temps.

Mais il est temps de reprendre des forces.

Je m’arrête un peu au hasard dans un petit restaurant rapide, une sorte de fast-food chinois. Pas besoin de parler la langue : les photos des plats font très bien l’affaire — facile, efficace… et ça me fait sourire. Je commande des Biangbiang noodles, accompagnées d’une bière, puis je m’installe à une table. Le plat arrive rapidement. Visuellement déjà, il est très appétissant… et à la première bouchée, c’est un vrai régal.

Alors que je profite de ce moment, je remarque une dame d’un certain âge qui m’observe. Son regard passe de ma bière à moi, avec une certaine insistance… comme une forme de désapprobation silencieuse. Une femme seule en train de boire une bière, ce n’est sans doute pas si courant ici. Je n’y prête pas plus d’attention et continue de savourer mon repas.

Rassasiée, je reprends finalement le chemin de l’hôtel, prête à m’offrir une bonne nuit de sommeil après cette journée riche en découvertes.


Voyage

Après l’immensité de la Muraille, retour à Pékin


3ème jour : le Palais d'été, la rue de Nanluogu Alley


Retour à Pékin

Je retourne ensuite à Pékin en Didi. J’ai sans doute payé plus cher que nécessaire, mais je ne voulais pas perdre de temps à attendre un bus.

J’avais encore de l’avance, et je voulais en profiter pour rentrer suffisamment tôt afin de visiter le Palais d’Été. Je n’avais visiblement pas encore assez marché : l’envie d’explorer les lieux emblématiques de Pékin était toujours là.

Je repasse d’abord par ma chambre d’hôtel pour me poser un peu. Je décide de commander à manger avec l’aide du responsable de l’hôtel, qui parle anglais. J’opte pour des raviolis chinois à la viande, cuits à la vapeur. J’avais envie de tester la livraison en chambre avec le robot, curieuse de voir cette scène un peu futuriste. Mon repas mettra finalement près d’une heure à arriver, juste le temps de me reposer un peu avant de repartir.


Le Palais d'été

Pour gagner du temps, je reprends un Didi qui me conduit directement à l’entrée du Palais d’Été. Le site étant en extérieur, je traverse Pékin et j’arrive en fin d’après-midi, exactement comme je l’espérais. En entrant dans le Palais d’Été, je change complètement d’atmosphère. Après l’effort de la muraille, place à quelque chose de plus apaisant. Les allées sont larges, les pavillons élégants, et le regard se perd rapidement entre les temples, les ponts et le lac.

La lumière de fin de journée enveloppe le lieu d’une douceur particulière. Le soleil descend lentement, se reflétant sur l’eau du lac Kunming. Les couleurs deviennent plus chaudes, presque dorées, et tout semble ralentir. Je marche sans vraiment suivre de chemin précis, me laissant porter par l’endroit. Chaque détour offre une nouvelle perspective : un pavillon perché, un pont délicat, une silhouette qui se découpe dans la lumière du soir.

Malgré le monde, je trouve des instants de calme. Comme si le lieu imposait naturellement une certaine sérénité. Je prends le temps, simplement. Après cette journée intense, c’est exactement ce qu’il me fallait.


La rue de Nanluogu Alley

La nuit commence à tomber lorsque je quitte le Palais d’Été. Je reprends la route vers le centre de Pékin, encore imprégnée du calme du lieu.

Quelques heures plus tôt, j’étais sur la muraille, presque seule face à l’immensité. Et me voilà maintenant plongée dans l’agitation de la ville.

Je me rends dans la rue de Nanluogu Alley, bien connue pour sa street food. Les lumières, les odeurs, le bruit… tout contraste avec la sérénité de la fin d’après-midi. Je m’arrête pour goûter au célèbre canard laqué. Assise là, je savoure ce moment simple. Après cette journée intense, entre montagnes, histoire et marche, ce repas a un goût particulier.

La fatigue commence à se faire sentir, mais c’est une bonne fatigue. Celle d’une journée bien remplie. En rentrant, je repense à tout ce que j’ai vécu en quelques heures seulement. La muraille au lever du soleil, le coucher du soleil au Palais d’Été, puis l’énergie de Pékin la nuit.