9 et 10ème jour : Au coeur de la forêt de Zhangjiajie
Trajet vers Zhangjiajie
Je laisse derrière moi les sommets paisibles de Wudangshan, les temples taoïstes et l’atmosphère si particulière de cette montagne sacrée. Le voyage continue vers un tout autre décor. Prochaine destination : Zhangjiajie, connue pour ses immenses piliers rocheux perdus dans les nuages qui a inspiré James Cameron pour son film Avatar.
J’ai pris un train de nuit de Shiyan jusqu’à Changsha. Ce fut encore une expérience originale.
J’avais déjà voyagé dans un train de nuit en Égypte avec une cabine privée. Cette fois, l’expérience était bien différente : une cabine partagée, et encore une fois, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. J’ai senti quelques regards se poser sur moi lorsque je suis montée dans le train.
En arrivant dans ma cabine, j’ai rapidement compris que ce que j’avais lu sur internet était vrai : il n’y avait pratiquement aucun espace pour ranger ma valise et mon sac à dos. Heureusement, j’avais une couchette en bas. J’ai donc installé mes affaires au bout du lit et, comme je ne suis pas très grande, j’ai réussi à m’allonger en repliant légèrement les jambes. En pleine nuit, mon sac à dos a même fini par glisser sur mes jambes.
Pourtant, ce n’est pas cela qui m’a le plus gênée. Une fois encore, c’est la cigarette qui a compliqué la nuit. L’odeur était omniprésente dans le wagon et ne semblait jamais vraiment disparaître.
J’ai aussi souri en repensant à un petit moment assez insolite : lorsque je me suis changée pour la nuit dans la salle de bain, l’hôtesse est venue frapper à la porte. Visiblement, cela ne devait pas être une habitude ici. Elle ne m’a toutefois rien dit.
Au petit matin, la cabine était vide et j’ai pu me préparer tranquillement avant l’arrivée. Malgré le manque de place et l’odeur persistante de cigarette, j’ai tout de même réussi à dormir un peu.
À mon arrivée à Changsha, je n’avais que 35 minutes pour rejoindre mon prochain train. Finalement, tout s’est très bien passé. J’ai réussi à trouver mon chemin sans difficulté et j’ai même eu le temps de m’acheter une boisson chaude ainsi que quelques gâteaux pour le petit déjeuner.
Cette fois, le voyage était plus confortable. Le train était plus rapide et, surtout, il n’y avait aucune odeur de cigarette. Un vrai soulagement après la nuit précédente. Le trajet ne durait qu’environ deux heures, ce qui m’a permis de profiter du paysage tout en me reposant un peu.
Pour éviter le stress à l’arrivée, j’avais réservé un transfert directement auprès de mon hôtel. Une solution bien pratique pour rejoindre tranquillement ma prochaine destination.
Arrivée à Zhangjiajie
À la sortie de la gare, mon chauffeur m’attend avec une pancarte à mon nom. Nous traversons ensuite l’immense gare avant de rejoindre sa voiture, garée sur un grand boulevard à l’extérieur.
Il nous faudra environ une heure et demie de route pour atteindre le parc national forestier de Zhangjiajie. J’ai choisi de loger directement à l’intérieur du parc afin de profiter pleinement des paysages, avec en bonus une vue annoncée sur les célèbres pics rocheux et les couchers de soleil.
Pour trois nuits au cœur du parc de Zhangjiajie National Forest Park, avec cette vue exceptionnelle sur les montagnes, j’ai payé 978 yuans sans repas + 250 yuan pour l’entrée du parc. Aujourd’hui l’hôtel a fermé ses portes… J’ai pris mes deux repas du soir sur place et j’avoue que le prix était élevé cependant c’était bon.
Un budget plus élevé que d’habitude pour moi, à vrai dire le plus cher de mon séjour, mais je voulais vraiment profiter pleinement de l’expérience et séjourner directement dans le parc plutôt que de faire les trajets chaque matin. Malgré les nuages et l’absence de coucher de soleil, je ne regrette pas ce choix tant le cadre était impressionnant. Un peu frustrant, bien sûr, mais l’atmosphère brumeuse donnait malgré tout aux montagnes un côté mystérieux. J’ai pris aussi le billet d’entrée valable plusieur jour pour me déplacer dans le parc, y compris l’ascensseur.
Mon logement à l'intérieur du parc
À mon arrivée, le responsable des lieux n’est pas là. Je suis accueilli par une dame qui ne parle pas anglais. Je lui tends mon passeport et elle s’occupe du check-in. Puis je découvre ma chambre à l’étage.
Il ne fait pas très chaud. Dès mon arrivée, j’allume le chauffage avant de prendre une bonne douche. Après ce long trajet et les odeurs de cigarette dans le train de nuit, j’avais surtout besoin de me sentir propre et de retrouver un peu de confort.
La chambre est spacieuse. Les fenêtres donnent sur l’arrière, face à un autre bâtiment. À l’extérieur, le ciel est gris et chargé, même s’il ne pleut pas encore. Malgré la météo, je décide d’aller faire un tour dans les environs. Je veux surtout rejoindre le point de vue du coucher de soleil, même si je sais déjà que les conditions ne permettront probablement rien d’exceptionnel ce soir.
À travers les nuages, j’aperçois tout de même quelques pics rocheux. Juste assez pour me donner un premier aperçu du Parc de Zhangjiajie avant la véritable découverte du lendemain.
Sur place, je discute avec une jeune femme qui parle très bien anglais. J’en déduis immédiatement qu’elle n’est pas chinoise. Pourtant, elle l’est bien… et je comprends vite que ma remarque était maladroite.
— « Est-ce que je ne ressemble pas à une Chinoise ? » me demande-t-elle.
Elle avait raison. J’avais des aprioris. Elle m’explique avoir appris l’anglais grâce à des cours sur internet. La nouvelle génération chinoise semble avoir envie d’apprendre les langues étrangères, et aujourd’hui l’accès aux ressources est beaucoup plus simple.
Je retourne ensuite à l’hôtel où je commande un plat préparé sur place avant d’aller dormir. J’ai besoin d’une vraie nuit de repos. La précédente a été courte, et la visite du lendemain s’annonce sans doute fatigante : le parc est immense.
Le programme de la journée
J’ai passé une très bonne nuit et le logement est particulièrement calme. Au réveil, je prends simplement un thé accompagné de quelques gâteaux achetés la veille pour le petit déjeuner.
Je communique ensuite via WeChat avec le responsable de l’hôtel. Il m’a envoyé un plan ainsi que plusieurs explications pour organiser ma journée dans le parc de Zhangjiajie. Avec la pluie annoncée, il me conseille de privilégier les zones basses du parc plutôt que les sommets, souvent noyés dans les nuages.
Je décide de suivre ses recommandations. Je rejoins alors la route principale à l’intérieur du parc. Il y a des navettes qui relient les différents sites. Il suffit de lui faire signe lorsqu’elle approche.
Les drones étant autorisés dans cette zone, je décide de faire décoller le mien entre l’hôtel et la route principale. Depuis les airs, le paysage révèle toute son ampleur : les champs de thé s’étendent au pied des montagnes tandis que les immenses pics rocheux disparaissent partiellement dans les nuages.
Les pics apparaissent puis disparaissent dans les nuages, donnant au paysage un aspect presque fantastique. Vue du ciel le parc de Zhangjiajie semble encore plus impressionnant.
Premier point de vue dans les nuages
Mon premier arrêt me mène à un point de vue dominant les célèbres pics rocheux de Parc forestier national de Zhangjiajie. Les montagnes se mêlent aux nuages dans un mouvement permanent, apparaissant puis disparaissant lentement derrière la brume.
De nombreux photographes sont déjà installés, appareils en main, prêts à capturer cette danse entre les reliefs et les nuages. L’atmosphère est calme malgré la présence des visiteurs, chacun attendant le bon moment, la bonne lumière ou l’ouverture furtive dans le brouillard.
J’en profite moi aussi pour ressortir mon drone afin d’immortaliser la scène depuis les airs. Les images révèlent toute la verticalité du paysage et la façon dont les pics semblent flotter au-dessus de la vallée.
Je teste la nourriture locale
Avant de continuer à arpenter les sentiers du Parc forestier national de Zhangjiajie, je m’arrête à un petit stand pour goûter une spécialité locale vendue sur une brochette. Il s’agit de galettes de riz grillées, légèrement croustillantes à l’extérieur et plus moelleuses à l’intérieur.
Comme souvent en Chine, les odeurs de cuisson attirent rapidement l’attention. Ce genre d’encas simple et préparé directement sur place fait aussi partie du voyage. Une petite pause gourmande avant de reprendre la marche au milieu des montagnes et de la forêt.
Je descends les quelques 500 marches… et plus
Je suis les indications puis prends la télécabine pour descendre dans la vallée. Peu à peu, les sommets disparaissent derrière les arbres tandis que la forêt devient plus dense autour de moi.
Une fois arrivé en bas, je trouve le chemin et les marches qui s’enfoncent dans la forêt. La pluie commence à tomber légèrement. Je sors alors mon poncho pour me protéger. Le sol est humide et glissant par endroits, ce qui m’oblige à avancer prudemment.
Finalement, l’averse s’arrête presque aussitôt. L’air devient plus frais et l’odeur de la forêt humide rend l’atmosphère encore plus agréable pendant la marche.
Les géants de pierre depuis le ciel
Comme indiqué sur le plan, je prends ensuite un bus puis une nouvelle télécabine qui me ramène au sommet. En quelques minutes, le paysage change complètement : la forêt laisse de nouveau place aux immenses pics rocheux et aux points de vue panoramiques de Parc forestier national de Zhangjiajie.
Il n’est pas encore très tard et je décide de prendre mon temps pour explorer cette partie du parc. Les passerelles et chemins offrent de magnifiques vues sur les formations rocheuses qui émergent au-dessus des arbres.
Pause bien méritée
Avant de repartir pour une nouvelle balade au pied des montagnes, je m’arrête pour manger un bol de nouilles accompagné d’une brochette de viande. Après plusieurs heures de marche et de déplacements dans le parc, cette pause fait du bien.
L’endroit est calme et reposant. Autour de moi, on entend surtout le bruit du vent, quelques conversations et parfois les oiseaux dans la forêt.
7 km de marche au pied des pics vertigineux
Après ma pause déjeuner, je reprends la télécabine pour redescendre dans la vallée avant de parcourir les 7 kilomètres qui mènent jusqu’à Ascenseur Bailong, cet impressionnant ascenseur extérieur de 326 mètres de haut qui permet de rejoindre les sommets du parc.
Le chemin est différent de celui emprunté plus tôt dans la journée. Ici, la balade suit la rivière au pied des montagnes et l’ambiance est plus sauvage. Les immenses parois rocheuses s’élèvent au-dessus de moi et je me sens toute petite face à cette immensité.
En avançant, je croise également un groupe de singes installé au bord du chemin, habitué à la présence des visiteurs. La promenade est agréable et reposante malgré la longueur du parcours. À chaque détour, le paysage offre une nouvelle perspective sur les célèbres pics de Parc forestier national de Zhangjiajie..
Ascenseur Bailong
Dernière étape de cette première journée : le pont de pierre
Arrivée en haut, je suis le chemin qui mène au pic Avatar puis je poursuis vers le pont de pierre, qui relie deux pics comme un trait d’union posé dans le vide.. Un singe s’invite dans la scène, posant tranquillement face aux montagnes, comme s’il faisait lui aussi partie du paysage. Un beau final pour cette journée intensive et savoureuse avec tous ces changements de décors, me laissant avec cette impression d’avoir traversé un monde à part.
Je décide de reprendre les navettes pour retourner à mon logement. Sur place, je prends le temps de manger simplement : une soupe de nouilles au chou chinois, réconfortante après cette journée bien remplie.
La serveuse, me voyant lutter avec mes baguettes, finit par m’apporter une cuillère avec un sourire. Je ne peux m’empêcher de sourire aussi — mission simplification acceptée.
Ce soir, pas de coucher de soleil. Je choisis de me coucher tôt, pour récupérer et être en forme pour la journée qui m’attend demain à Zhangjiajie…
Programme de la 2ème journée
Comme la veille, je prends le temps de boire un thé dans ma chambre en grignotant quelques gâteaux, avant de rejoindre le bord de la route pour attendre la navette. Je ne serai pas seule cette fois-ci. Une dame, qui vit et travaille sur le site, monte également dans la navette. Un détail simple, mais qui rappelle que derrière ces paysages spectaculaires, il y a aussi des vies qui s’écoulent chaque jour dans ces montagnes.
De nouveau, je suis le programme proposé par le gérant du logement en le modifiant un peu. Pour commencer je décide de retourner au point de vue de la veille ainsi qu’au pont de pierre. Aujourd’hui, quelques rayons de soleil percent enfin, promettant une atmosphère différente et peut-être des paysages encore plus impressionnants. J’effectuerai la visite de Tianbo au retour en fin de journée.
Le point de vue qui était dans les nuages la veille
Le pont de pierre vue avec le drone
Montagne de Tianzi
Je suis ensuite revenue sur mes pas et j’ai pris la navette pour les montagnes de Tianzi. Je n’ai pas descendu les marches comme indiqué dans le programme, je suis restée sur le plateau à contempler les pics de chaque côté. Il y avait beaucoup de monde.
Téléphérique de Tianzi
J’ai ensuite repris un bus pour rejoindre le téléphérique de Tianzi, comme indiqué sur mon programme. Pendant la desente et la montée, je dois reconnaître que la vue depuis le téléphérique était vraiment magnifique. Sous le soleil, les parois rocheuses reflétaient la lumière, mettant en valeur les reliefs et les formes impressionnantes de ces pics qui défilaient lentement sous mes yeux. Cette vue m’offrait une toute autre perspective que la veille. Sous la lumière du soleil, les pics révélaient des détails et des reliefs que je n’avais pas remarqués auparavant, donnant l’impression de découvrir un nouveau paysage.
Tianbo Mansion
Ensuite, je reprends le bus pour retourner au point de départ. Il n’est pas encore très tard. Le matin même, j’avais commencé à emprunter un chemin avant de faire demi-tour, ne sachant pas vraiment où il menait. Mais quelque chose me pousse à retenter l’expérience. Mon instinct me dit de continuer cette voie… et cette fois, j’ai raison de l’écouter.
Je descends de nouvelles marches — encore et toujours des marches — puis je bifurque sur la droite, guidé par le bruit des voix qui résonnent un peu plus loin. J’arrive alors près de quelques baraques en bois où des porteurs transportent des visiteurs sur des chaises. En les voyant grimper dans ces pentes abruptes, je ne peux m’empêcher d’admirer leur courage et leur endurance.
Je poursuis ensuite mon ascension. Par moments, le passage devient étroit, parfois même très étroit, accroché à la montagne. Puis j’arrive sur une petite plateforme avec… des toilettes. Franchement, je me demande encore comment ils ont réussi à construire cela à une telle hauteur. Et je dois bien avouer que cette découverte tombe à point nommé… ha ha ha.
Mais le chemin ne s’arrête pas là. Je continue jusqu’au bout, traverse une passerelle suspendue, puis grimpe une échelle avant d’atteindre enfin le point de vue de Tianbo Mansion.
La boucle est bouclée. Sur le moment, je ne réalise pas que j’avais déjà filmé cet endroit la veille depuis un autre point de vue. Ce n’est qu’en regardant mes images plus tard que je m’en rends compte. Une belle surprise qui donne encore plus de saveur à cette randonnée.
Quel beau final. Et honnêtement, j’ai énormément apprécié cette balade.
Retour à l'hôtel pour mon transfert en ville
Le matin, j’avais descendu mes bagages à la réception afin que tout soit prêt pour mon départ lorsque je reviendrais à l’hôtel pour mon transfert vers la ville. J’ai choisi de dormir près de la gare, car mon train partira vers 7h30 le lendemain matin pour ma prochaine destination.
Le chauffeur arrive à l’heure et me propose de m’installer à l’avant. Pendant le trajet, nous essayons de communiquer grâce au traducteur de son téléphone, même si ce n’est pas toujours simple de se comprendre. À un moment, il me parle de nourriture, mais je ne saisis pas vraiment ce qu’il veut me dire.
Puis il s’arrête sur le bord de la route. Je comprends alors qu’il est parti acheter quelque chose. Quelques minutes plus tard, il revient avec une spécialité locale qu’il me tend gentiment : une boule blanche de riz gluant, garnie de chou chinois et de viande, déposée sur une feuille.
Je ne me souvenais même pas avoir sauté le déjeuner ce midi-là. Pourtant, je n’ai pas particulièrement faim, mais j’accepte volontiers de goûter. La saveur est totalement différente de ce que j’ai l’habitude de manger, et j’aime bien cette découverte. En revanche, c’est assez bourratif, je ne pourrai en manger qu’un seul.
Encore un de ces petits moments simples que j’ai profondément appréciés. Un geste offert avec gentillesse et spontanéité. Et je me demande alors : est-ce qu’il m’aurait venu à l’idée d’en faire autant à sa place ?








































































































































